Chronique

Block 46, Johana Gustawsson.

Résumé de l’éditeur:

Falkenberg. Suède. Le commissaire Bergström retrouve le cadavre nu et gelé d’une femme aux abords de la plage d’Olofsbo. Londres. Profileuse de renom, la ténébreuse Emily Roy enquête sur une série de meurtres d’enfants dont les corps sauvagement mutilés ont été abandonnés dans les bois d’Hampstead, au nord de la ville. Ils présentent les mêmes mutilations que la victime suédoise : trachée arrachée, yeux énucléés et un mystérieux Y gravé sur le bras. Étrange serial killer, qui change de type de proie et de lieu de chasse… Pourrait-il s’agir d’un tandem de sociopathes ?

Comment ce livre est-il arrivé entre mes mains?

J’ai également acheté ce livre pendant l’opération 300k de l’éditeur Bragelonne. Je lis assez peu de polars, mais le résumé m’a tentée, car les tueurs en série sont un sujet qui m’intéresse beaucoup. J’avoue avoir un faible pour les polars nordiques ce qui a aussi influencé mon choix. Vous qui connaissez mieux que moi les romans policiers, si je raconte des bêtises, n’hésitez pas à me le faire remarquer!

Mon avis:

Ce thriller policier a deux héroïnes : Alexis, la romancière marquée par son passé qui raconte les tueurs en série et Emily, la profileuse psychorigide, associable et surdouée. Elles enquêtent ensemble avec le soutien de la police suédoise sur une série de meurtres d’enfants et d’une femme, meilleure amie d’Alexis, tout cela entre Londres et Falkenberg, en Suède. Les présentations d’Alexis et de son amie Linnea m’ont fait craindre une histoire de jeune femme riche à qui tout réussit. Heureusement, cet écueil est évité et l’on découvre des personnages moins caricaturaux que redouté. Le tandem féminin complété par le duo masculin de policiers fonctionne assez bien.


La narration à la troisième personne de ce roman navigue entre de nombreux points de vue, jusqu’à six ou sept différents, en incluant le tueur inconnu et les flashbacks. C’est un peu perturbant au début, mais on s’y fait. Il y a malgré tout des « voix » inutiles, en particulier celle du policier suédois ronchon vaguement misogyne qui n’apporte vraiment rien à l’histoire.

La relation entre les personnages principaux m’a fait croire un temps que ce n’était pas la première histoire qui liait les héroïnes, avec des références à un passé commun, des évènements peu détaillés, comme si nous les connaissions déjà. Cependant, j’ai appris que c’était le premier roman de Johana Gustawsonn. Je suis partagée sur cette impression, cela apporte une certaine crédibilité et une cohérence à l’histoire, mais on reste également sur notre faim. J’attendais des détails sur le passé, mais les informations fournies n’ont pas comblé mes attentes. Erreur de débutante ou style particulier? Il faudra attendre sa prochaine œuvre pour le savoir.

L’histoire en elle-même est bien ficelée. On sent le travail impressionnant de recherche de l’auteure sur les camps de concentration et les conditions de vie subies par les déportés. Les détails soulèvent le cœur et donne un aperçu de l’horreur innommable de Buchenwald. Réussir à faire un lien crédible entre ces évènements et le monde d’aujourd’hui, n’était pas simple, mais elle a plutôt bien réussi tout en étant respectueuse de l’Histoire et de ses victimes.

La romancière nous plonge ainsi dans l’univers des tueurs en série dans toute son horreur avec leur logique perverse. Elle nous fait naviguer dans ce que l’homme peut faire de pire: le meurtre d’enfant, la torture sur un fond d’expérience nazie insoutenable. J’avoue avoir été plusieurs fois écœurée par les sévices, dans les camps, sur les enfants ou encore à la fin (spoiler: je ne vous donne qu’un indice, aréole, j’ai souffert avec la victime!). 

Les propos sont parfois crus, mais pas plus que dans la majorité des romans policiers. La qualité des renseignements sur les profileurs et les serial killers révèle encore le sérieux des recherches de l’auteure.

Le suspens a été préservé jusqu’au bout: je n’ai pas deviné qui était(ent) le/les coupable(s). Je n’y ai pas non plus beaucoup réfléchi car j’ai suivi le fil de l’histoire sans vraiment cogiter. Il faut reconnaître que les révélations finales sont bien amenées et, même si elle ne sont pas excessivement surprenantes, sont assez inattendues.

Au final, un bon policier à lire sous la couette, mêlant Histoire et crimes en série. Je pense que je tenterai le prochain livre de cette écrivaine car, malgré des défauts, ce premier roman est une réussite.

Informations pratiques:
Paru chez Bragelonne en octobre 2015 , 336 pages.
Disponible en format Broché (20€), en poche (7.90€) et en e-book (5.99€)
Publicités

3 thoughts on “Block 46, Johana Gustawsson.”

  1. Du coup, je suis allée chercher ta critique sur ton blog et la partage totalement !^^
    Je trouve aussi qu’elle a réussi à faire un lien crédible les camps et aujourd’hui, tout en étant respectueuse de l’Histoire et de ses victimes. Comme toi, le sein découpé m’a donné envie de vomir et j’ai trouvé que le suspense était bien géré.
    A voir si Mör a les mêmes quelques petits défauts que tu soulèves ou non. 😉

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s