Résumé de l’éditeur:

Il y a sept cents ans, une Veuve Noire a vu une prophétie prendre vie dans sa toile de songes. Désormais, le Sombre Royaume se prépare à l’arrivée de sa Reine, la sorcière qui détiendra un pouvoir plus grand que celui du Sire d’Enfer lui-même. Mais, celle-ci est encore jeune, influençable et vulnérable face à ceux qui voudraient la pervertir. Or, quiconque la tient sous sa coupe contrôle la Ténèbre. Trois hommes, des ennemis jurés, le savent. Et ils connaissent la puissance que recèlent les yeux bleus de cette enfant innocente.
Ainsi commence un impitoyable jeu d’intrigues, de magie et de trahisons, dans lequel la haine et l’amour sont les armes… et dont le trophée est bien plus redoutable que tous l’imaginent.

Comment ce livre est-il arrivé entre mes mains? 

Il est présent à chaque opération 300k de Bragelonne et je me suis laissée tenter lors de la dernière. Si vous avez lu mes autres chroniques, en effet, j’ai pas mal craqué cette année! J’aime beaucoup la fantasy (notamment la dark fantasy) et le synopsis ressemblait à celui d’une série classique de ce genre.

Mon avis:

Comme dit plus haut, le résumé semble annoncer une histoire classique de fantasy mêlant magie et jeu de pouvoir. On entre cependant dans un univers complexe, réservé aux adultes, avec trois mondes (Terreille, Kaelir et Enfer), différentes races et castes. La magie imprègne la caste dirigeante de la population : le lignage. Ils reçoivent une pierre lors d’une cérémonie de naissance plus ou moins sombre avec 13 degrés allant du blanc au noir. Plus tard, il peuvent faire une offrande à La Ténèbre et « descendent » jusqu’à trois joyaux plus bas. Les plus puissants sont aux extrémités (blanc, noir) et au milieu se trouve l’Opale, très puissante également.

Le pouvoir est matrilinéaire, les femmes sont des sorcières et celles qui sont les plus puissantes, notamment ornée du Noir, sont des Reines. Les hommes ornés de joyaux les servent mais peuvent, lors du dépucelage des sorcières les briser, le plus souvent par des viols dans ce but:  leur pouvoir est presque anéanti  et elles perdent la raison dans les ténèbres. Les princes de guerre sont les plus puissants des hommes ornés et sont dangereux voire même incontrôlable.

Voilà pour le contexte général. 


Le royaume est actuellement corrompu, dirigé par une sorcière orné de Rouge, Dorothéa. Elle utilise les hommes comme esclaves sexuels et maîtrise les plus puissants grâce à une anneau magique de contrôle autour de leur sexe.  Nous suivons, Sahtan, maître d’Enfer, ses deux fils, mis en esclavage par des reines, Daemon et Lucivar et d’autre comme Tersa, sorcière brisée ou Onirie, prostituée assassin. Tout ce petit monde va se mettre à tourner autour de Janaelle, petite fille aux pouvoirs extraordinaires, la vraie Sorcière. Vous commencez à croulez sous les informations? C’est exactement ce que vous fera vivre ce livre, ce que vous venez de lire n’est que la base pour comprendre le reste du fonctionnement de la magie et de la politique.

On est plongé directement dans le monde sans toutes ces explications et on assimile tout petit à petit. Le résultat est très déroutant, même si étrangement, le fait d’être un peu désorientée ne m’a pas trop dérangée. Petit à petit, être perdu dans cet univers permet une immersion complète. 

On ne peut pas s’identifier aux « héros » ou très difficilement car ils sont brutaux, violents, pervers… brisés. Les seules touches de lumière sont Janaëlle, Wilhelmina, Tersa et un peu Onirie, mais elles sont toutes aussi contaminées par l’obscurité de ce monde. Cela n’empêche pas de s’y attacher, du moins en partie pour ce qui me concerne: les pulsions de Daemon et de Sathan me gênent énormément par exemple. On ressent à la fois sympathie et dégoût, pitié et colère,… Ce roman réussit très bien à déranger les lecteurs au plus profond d’eux-mêmes en traitant de thèmes comme le viol, le sadisme sexuel, la torture, l’inceste et la pédophilie.

Le monde complexe à peu près assimilé, il reste à digérer la perversion totale de cet univers. Les reines, et une grande partie des femmes, sont des sadiques perverses sexuelles. Elles soumettent les hommes à leur petits jeux horribles (la scène du « rasage » est insupportable) et créent en contrepartie des monstres de perversités. Les victimes deviennent ainsi des bourreaux pour les jeunes filles innocentes.

Ce livre est à réservé à un public averti et m’a longtemps laissée perplexe: j’avais envie de savoir la suite mais j’ai eu des débuts de nausées en lisant face aux pratiques sexuelles des protagonistes.


En parcourant internet, j’ai découvert que ce roman était très aimé, ce qui ne me surprend pas outre mesure. Personnellement, je trouve que l’écriture est un peu fouillis, elle découragera beaucoup de lecteurs dans les premiers chapitres. L’accumulation de noms, lieux et concepts utilisés dès le début sans explications peut également dérouter, même si c’est l’aspect qui m’a le plus plu dan ce roman. De plus, il faut supporter la violence physique et psychologique subie par tous les personnages. Les derniers chapitres, quant à eux, m’ont mis mal à l’aise au plus haut point et amènent une fin attendue, ou plutôt crainte, dès le début du livre.

L’univers crée par Anne Bishop est complet et intéressant, mais je le trouve trop tourné vers le sexe et la perversion. Sans cet élément, j’aurais pu adorer la série mais là, je vais devoir digérer cette lecture avant de décider d’entamer ou non la suite.

Informations pratiques:
Edité par Milady en juin 2013 (473 pages)
1er tome d'une trilogie ( et un préquel en tome 4).
Existe en version numérique (12.99€) et en grand format (18€) 
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