Résumé de l’éditeur:

Dans un futur proche, les adolescents ont été décimés par un virus inconnu. Les survivants, dotés de pouvoirs psychiques, sont classés par couleurs en fonction du danger qu’ils sont censés représenter, et parqués dans des camps. Depuis que le virus l’a touchée, Ruby est télépathe et capable de manipuler la mémoire d’autrui. En tant que telle, elle aurait dû être éliminée par les autorités sanitaires. Mais grâce à son pouvoir, elle a pu intégrer un camp réservé aux cas les moins dangereux. Six ans plus tard, elle parvient à s’échapper et rejoint un groupe d’adolescents. Leur objectif : East River, une communauté d’adolescents où chacun s’épanouit en apprenant à utiliser ses pouvoirs.

Comment ce livre est-il arrivé entre mes mains?:

Je suis tombée sur cette histoire en 2014 en me promenant au rayon jeunesse d’une librairie. Je cherchais un livre sans avoir d’envie précise et le résumé m’a attiré. Je l’ai donc acheté et j’ai dévoré les deux premiers tomes (le troisième n’est sorti qu’en 2015).

Mon avis:

Cette histoire est une dystopie comme il y en a eu beaucoup ces dernières années. En entamant ma lecture, je me méfiais d’un énième ersatz d’Hunger Games ou de Divergente. J’ai cependant rapidement oublié mes craintes et profité pleinement de ma lecture pour plusieurs raisons, en particulier pour l’héroïne.

Le monde dystopique en lui-même n’est pas extrêmement original: une maladie décime (littéralement, moins de 10% survivent) les enfants et les jeunes adolescents aux Etats-Unis. Les survivants développent des pouvoir psychiques et sont classifiés par pouvoirs et dangerosité: vert, bleu, jaune, orange et rouge. Ils sont rejetés par une grande partie de la population et parqués dans des camps, voire même transformés en cobaye de laboratoire, pour les « réhabiliter ». Ce système trouve bien sur un écho dans notre monde. La peur des différences et le rejet de l’autre sont des thèmes qui ont toujours traversé notre société et qui, hélas, se retrouvent régulièrement illustrés dans notre actualité. C’est le principe de la dystopie (même dans la littérature jeunesse), faire se poser une question: si cela arrivait vraiment, agirions nous différemment?

Bien que l’idée principale soit déjà vue, l’univers est cohérent, bien décrit et ne tombe ni dans le « gnangnan » pour enfants (et pourtant c’est un livre Disney), ni dans l’excès de violence gratuite. Le monde est dur, brutal et cruel mais sans voyeurisme. On le découvre peu à peu à travers les yeux de Ruby, la narratrice. Elle a été enfermée à 10 ans, elle ne sait donc que le peu que ses parents lui racontaient et ce qu’elle avait compris d’elle-même. Sa connaissance du monde extérieure est donc très limitée et se résume aux rumeurs que les enfants se racontent et aux bribes « volés » aux gardiens. Lors de son évasion, elle va tout devoir assimiler rapidement auprès des autres protagonistes. Le lecteur apprend avec elle ce qui est arrivé aux États-Unis, le pays des libertés qui a maintenant peur de ses propres enfants.

Ruby est une jeune fille traumatisée. Au fil du temps, elle a totalement intégré le message du gouvernement et de certains adultes. Elle se déteste et au sein des « monstres », elle se voit comme la pire car elle manipule les pensées, elle est une « orange ». Ses capacités la terrifient, elle vit dans la peur de toucher quelqu’un et lui effacer la mémoire involontairement. Cet état d’esprit l’empêche de contrôler ses pouvoirs et sa pire crainte se réalise dans un moment de panique: elle altère la mémoire d’une personne qu’elle aime. Jusqu’à son évasion, elle reste un fillette pétrifiée de peur, de colère et de haine, envers les gardes et surtout elle-même.

Une fois sortie du camp, elle va « éclore », devenir une jeune femme de 16 ans. Elle reste méfiante et farouche mais ré-apprendra la confiance. Elle va redécouvrir, difficilement mais surement, le bienfait d’être aimée, auprès de ses compagnons de route: Liam, Zu et Chubs.

Dans un premier temps, Ruby m’agaçait terriblement. Elle doute en permanence d’elle même et ne cesse de croire que tout est de sa faute. J’ai mis du temps à la comprendre et l’apprécier mais une fois ce cap passé, j’ai eu une grand affection pour ce personnage brisé et qui tente par tous les moyens de dompter le monstre dans sa tête pour protéger ses proches. La comparaison avec la puberté est facile et évidente même si son parcours ne se limite pas à l’acceptation de ce qu’elle est.

Liam, Zu et Chubs sont attachants et apprivoisent petit à petit Ruby avant de devenir l’ancre qui empêche notre héroïne de sombrer. Ils ne révèlent pas toute leur histoire dans ce tome, ce qui est donne envie de connaître la suite. 

Les personnages secondaires apportent un élément encore plus intéressant, il n’y a pas de vrais « méchants ». Évidemment, le gouvernement, les militaires (FSP) ou les chasseurs de prime qui livrent les jeunes pour de l’argent sont des personnages complètement négatifs. On trouve cependant des protagonistes bien plus nuancés dont il est difficile de comprendre pleinement les intentions. Ce monde et ses personnages qui ne sont pas manichéens, sont un vrai plus dans l’univers encombré de la dystopie jeunesse.

La fin de ce roman n’est pas une « happy end ». Elle crée un cliffhanger pour la suite. Bien qu’inhabituelle, elle n’est pas amenée avec énormément de subtilité car, même si tout s’accélère dans les derniers chapitres, de nombreux indices laissent attendre un évènement semblable. 

A part la fin, un peu trop facile à anticiper, ce livre reste pour moi une excellente surprise. Je l’ai relu  avec plaisir pour faire cette chronique et je n’ai pas pu m’empêcher de relire intégralement la trilogie.

Je la recommande pour tous, ados ou « grands ados ». J’ai encore plus apprécié ma seconde lecture  que la première, ce qui est rare.

Informations pratiques:

Publié chez La Martinière en 2013 en France (14.90€), 506 pages et en 2012,chez Hypérion (Disney Book Group) aux Etats-Unis.
1er tome d'une trilogie
Paru en poche en 2015 (6.99€), 521 pages.
Disponible en librairie et en e-book (6.90€).
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