Chronique

La mort indienne, Karin Fossum

Résume de l’éditeur

Gunder Jomann, célibataire endurci, part en Inde dans l’espoir de rencontrer celle qui deviendra sa femme. Ce n’est que quelques semaines plus tard que Poona le rejoint en Norvège. Mais le jour de son arrivée, rien ne se passe comme prévu. Le corps mutilé d’une jeune femme est retrouvé près de chez Gunder. Qui est-elle ? Qui à Elvestad est capable d’une telle inhumanité ? L’inspecteur Konrad Sejer, lui, sait que chacun est capable du pire. La mort indienne est la troisième enquête du commissaire Konrad Sejer.

Comment ce livre est-il arrivé entre mes mains?

J’avais des envies de polar et je me suis promenée sur le net pour trouve une idée. Le résumé m’a donné envie donc je me suis plongée dans cette histoire!

Mon avis

Ce roman nous fait rencontrer une galerie de personnages divers qui peuplent le petit village de Elvestad en Norvège. Une petite bourgade en somme assez classique avec ses « jeunes », son tenancier de bar aigri ou encore Gunder, le fermier peu loquace au grand cœur. La nouvelle du meurtre sauvage d’une étrangère va bien sur ébranler la communauté qui se referme et devient peu à peu paranoïaque. L’auteure nous présente ce petit univers où personne ne veut raconter tout ce qu’il sait de peur de s’incriminer ou de causer du tord à son voisin.

Le roman commence bien avant le meurtre et introduit la situation sur plusieurs chapitres. En effet, une des caractéristiques importantes de cette histoire est son rythme, très lent pour une enquête. On fait connaissance avec chaque personnage en détail, leurs histoires sont bien fouillées.Cela permet de s’attacher aux personnages principaux. J’ai trouvé Gunder extrêmement touchant dans sa maladresse et son envie d’être heureux tout simplement. Au contraire des deux enquêteurs, Seyer et Skarre, qui ne sont pas vraiment mémorables, ils font partie d’une histoire « chorale » sans se démarquer à mes yeux.

Cette narration lente et immersive donne envie de lire sans s’arrêter. Cependant, elle devient progressivement très frustrante. A force d’en apprendre sur tout le monde, on se perd et on doute de tout (plutôt une bonne chose dans un polar). Plusieurs suspects nous sont amenés sur un plateau, pas de façon très subtile, il faut le reconnaître. Ils sont cependant tous crédibles. Point positif : jusque là, le suspens tient bon.

Je ne détaillerais pas trop la suite pour ne pas gâcher l’histoire mais, l’arrestation du suspect principal est suivi de l’interrogatoire le plus long au monde : j’aime les chiens mais cette discussion pour tenter d’extirper des aveux…. L’idée n’est pas mauvaise, le lavage de cerveau lors des interrogatoires est un sujet intéressant: la psychologie des meurtriers me passionne mais le processus de manipulation mentale du policier m’a paru cousue de fil blanc. De plus, la narration aurait gagné à se resserrer un peu sur l’histoire principale à ce moment précis.

La fin est très particulière et déstabilisante, on se demande si c’est vraiment la dernière page. Si ça a l’avantage d’être différent, je préfère une fin plus nette et tranchée, surtout dans un polar.

Ce livre n’est pas mauvais et se lit très vite. On s’attache très rapidement au couple formé par Poona et Gunder et l’histoire est presque addictive tant on a besoin de découvrir le coupable. On doute de presque tout le monde au fil des chapitres. Cependant, la dernière partie du livre et la fin sont frustrantes. Je suis mitigée car malgré un style efficace et prenant, je suis déçue par les derniers chapitres.

Informations pratiques
Publié en France en 2007 chez J.-C Lattès, 387 pages (20,80€).
Existe en poche depuis 2009 chez J'ai lu (6,90€).
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3 thoughts on “La mort indienne, Karin Fossum”

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