Chronique

La Voie des Oracles, Estelle Faye

Résumé de l’éditeur

La Gaule, Ve siècle après Jésus-Christ.
Cerné par les barbares, miné par les intrigues internes et les jeux du pouvoir, l’Empire romain, devenu chrétien depuis peu, décline lentement.
Les vieilles croyances sont mises au rebut, les anciens dieux se terrent au fond des bois, des montagnes et des grottes, les devins sont pourchassés par la nouvelle Église. Thya, fille de l’illustre général romain Gnaeus Sertor, a toujours su qu’elle était une Oracle. Il lui faut vivre loin de Rome, presque cachée, en Aquitania, perdue au milieu des forêts.
Que faire alors, quand son père, son protecteur, tombe sous les coups d’assassins à la solde de son propre fils ? Il faut fuir, courir derrière la seule chance qu’elle a de le sauver… Se fier à ses visions et aller vers Brog, dans les montagnes du nord, là où, autrefois, Gnaeus a vaincu les Vandales.
Et peut-être, le long de ce chemin pavé d’embûches et d’incroyables rencontres, voir le passé refaire surface, et réécrire l’Histoire…

Comment ce livre est-il arrivé entre mes mains?

Je me suis rendue aux Utopiales de Nantes le weekend dernier où j’ai craqué sur ce roman, tant pour sa magnifique couverture que pour son résumé. De plus, Estelle Faye étant présente, j’ai pu obtenir une dédicace. Elle est vraiment très sympathique et abordable: bien que je ne connaisse pas du tout son œuvre, elle a volontiers échangé avec moi.

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La dédicace!

Mon avis:

Ce roman fantastique mêle un contexte historique à la mythologie qui me passionne depuis toujours. Il est facile de se plonger dans l’histoire de Thya, jeune oracle qui vit au Vème siècle après J.C. Son monde est tiraillé entre un empire romain en pleine décadence et ses pouvoirs, témoins d’une autre époque, condamné et réprimé dans le sang par le christianisme. Exilée en Aquitania pour cacher son don, elle est solitaire et ne connaît le monde que par les récits héroïques de son père, le grand  général romain Gnaeus Sertor. La tentative de meurtre subi par ce dernier va la pousser à s’enfuir et entamer ainsi un voyage vers Brog, guidée par son don.

La quête de Thya va lui permettre de passer à l’age adulte et ouvrir les yeux sur un monde, bien différent de celui qu’elle croyait connaître. Elle est aidée par Enoch, jeune et charmant maquilleur qu’elle a sauvé et un ancien soldat de son père, Mettius ainsi que par le monde surnaturel comme le faune qui la protège à distance, à son insu . Elle va s’affirmer grâce à ses pouvoirs et en chemin, remettre en cause ses croyances et les piliers sur lesquels elle basait sa vie.

Les différents protagonistes sont bien construits. L’héroïne a du caractère, forte et hautaine voire même condescendante, mais avec une fragilité et un instinct qui la distingue. J’ai moins accroché avec Enoch qui, bien qu’il soit bien plus complexe qu’il n’en a l’air, ne m’a pas vraiment fait rêver (purement une question de goût). J’ai beaucoup plus été touché par Mettius, le soldat au grand cœur, hanté par son passé.  On croise également des créatures mythiques comme les faunes, les ondines et mêmes des dieux de l’ancien temps. Enfin, l’antagoniste principal, Aedon, est détestable à souhait: vil, manipulateur et fat.

Ce roman est pour une cible Jeunes Adultes, mais la plume d’Estelle Faye est vraiment excellente. J’ai beaucoup aimé les petits clins d’œil historique qu’elle distille ci et là, qui témoignent de son travail de recherche en amont. De plus, l’histoire d’amour qui se dessine n’écrase pas le récit même si elle reste en fil rouge tout au long du roman et qu’elle est assez prévisible.

La fuite de l’héroïne et sa rencontre avec des personnages qui deviendront ses compagnons de route est classique. Comme souvent, les héros vont faire face à  de nombreuses péripéties au fil de l’histoire, qui s’étoffe  et se complexifie petit à petit. On est cependant emporté dans cet univers de contes qui est tout sauf féerique: un monde de complots et de trahisons teinté de magie et de corruption.

Estelle Faye nous dépayse en nous faisant voyager vers une époque rarement évoquée dans ce genre littéraire sans pour autant donner des leçons d’histoire rébarbatives. Elle ne  laisse pas le temps de s’ennuyer aux lecteurs et crée un roman palpitant dans lequel on s’immerge avec grand plaisir. J’ai hâte de me procurer la suite car la fin, assez sombre, est prometteuse.

Informations pratiques:
Publié chez Scrinéo en 2014, 336 pages (16.90€)
1er tome d'une trilogie.
Existe également en e-book (4.99€)

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6 réflexions au sujet de “La Voie des Oracles, Estelle Faye”

  1. J’ai ressenti à peu près la même chose que toi, sauf pour Thya dont le caractère ne m’a pas gênée (j’ai connu des héroïnes plus hautaines et condescendantes qu’elle ! :/). Merci pour le premier tome ! J’ai bien aimé. Je vais essayer de lire le second avant les Imaginales afin d’en parler avec l’auteure.^^

    Aimé par 1 personne

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