Chronique

Cité 19: Ville noire, Stéphane Michaka

Résumé:

Que faisait le père de Faustine à minuit au sommet de la tour Saint-Jacques ? Et qui l’a précipité dans le vide ? Convoquée pour identifier le corps, Faustine ne reconnaît pas les mains de son père. Persuadée qu’il a été kidnappé par une secte mystérieuse, elle se lance sur la piste d’un inquiétant personnage. Elle suit l’homme dans une station de métro, trébuche, perd connaissance et se réveille… 150 ans plus tôt! Pour Faustine, c’est le début d’une série d’aventures, aux confins du thriller, de la science-fiction et de l’Histoire.

Comment ce livre est-il arrivé entre mes mains?

Lors des Utopiales, j’ai échangé quelques mots avec Stéphane Michaka, attirée par la couverture de ses livres. Il est très sympathique et ouvert à la discussion. Je me suis donc laissée tenter et je les ai empruntés il y a peu.

Mon avis:

Faustine, jeune fille de 17ans, perd son père dans des circonstances mystérieuses. Cependant, lors de l’identification du corps, elle ne reconnaît pas ses mains et se persuade que ce n’est pas lui. Elle se lance donc à la poursuite d’une obscure organisation qui promet des voyages dans le temps qu’elle soupçonne de l’avoir enlevé et se retrouve propulsée au 19ème siècle.

Le synopsis est plaisant et laisse anticiper un voyage historique intéressant. Hélas, je n’ai pas du tout accroché au style de l’auteur. Les premiers chapitres ont failli me dissuader de continuer, mais je suis persévérante et j’ai espéré une embellie pour la suite. Elle est venue, mais elle est insuffisante pour pallier à ce problème qui m’a gâché totalement le plaisir.

Faustine est une adolescente perturbée par la disparition de sa mère, membre d’une bande violente, puis garçon manqué renfermé. Elle est passionnée d’histoire et notamment du 19ème siècle, comme sa mère. Elle a deux amis: Morgane et Vikram, avec qui elle partage son cours d’histoire spécialisé. Leurs seules caractéristiques sont: une pétasse et l’intérêt amoureux, artiste et mystérieux qui hésite entre les deux amies. Ils seront probablement plus détaillés dans le tome suivant au vu du déroulé de l’histoire. Son père, gardien de musée, est  aimant et très permissif avec sa fille. Leur relation est bonne, même s’il reste hanté par la disparition de sa femme. C’est tout ce que l’on sait de lui, avant qu’il ne disparaisse. J’aime les personnages de romans vivants, complexes et profonds. Ici, ils sonnent creux et la seule qui ressort, sans pour autant attirer ma sympathie, est Faustine. Les interactions sociales sont superficielles, parfois un peu illogiques et trop simples.

C’est mon ressenti pour la plupart des aspects de cette histoire. On reste en surface et les choses avancent trop facilement et simplement avec des sauts  brutaux d’un sujet à l’autre. Le seul moment où Faustine prend de la profondeur est quand elle arrive au 19ème et qu’elle choisit de se travestir pour être plus à l’aise. Elle se tire très (trop) facilement de situations problématiques et finit par enquêter, déguisée en garçon, non plus sur la disparition de son père qu’elle oublie rapidement, mais sur une série de meurtres terribles. Il y a une explication à  tout cela, et des petits indices semés au long du récit. Cependant, même en prenant en compte les révélations de la deuxième partie, je peine à être séduite. C’est très frustrant car on ressent que l’auteur a l’expérience de l’écriture  et a fait un travail de recherche poussé sur le Second Empire et le Paris haussmannien. Il a probablement voulu simplifier les choses pour son premier roman jeunesse, mais c’est trop.

Je vais lire le deuxième tome car les révélations de la dernière partie du livre ont attisé ma curiosité, mais, malgré ça, je ne peux pas vous dire que j’ai aimé ce livre et j’en suis désolée. Il y a des aspects qui auraient pu être géniaux comme la dualité garçon/fille de Faustine ainsi que son mal-être, l’enquête sur le tueur en série, la découverte du 19ème et d’autres encore que je ne peux révéler sans spoils.

En conclusion: une grosse déception et un style qui m’a hérissé le poil tout au long du roman malgré de très bonnes idées. Je ne dois par être la cible, moi qui suis pourtant une grande fan de littérature jeunesse. Mon grand âge 😉 doit m’empêcher d’entrer vraiment dans l’histoire!

Informations pratiques:
Paru chez Pocket Jeunesse en octobre 2015 (368 pages), 16,90€.
Premier tome d'un diptyque.
Existe en e-book, 11.99€.

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5 réflexions au sujet de “Cité 19: Ville noire, Stéphane Michaka”

  1. J’ai eu le même ressenti que toi, et j’ai fini par lire le deuxième tome. Le développement de l’intrigue n’est pas intéressant, mais l’évolution des personnages ne m’a pas plu tant que ça, du coup j’étais assez mitigée.
    J’espère que tu apprécieras plus que moi.

    Aimé par 1 personne

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