Résumé:

Faustine, une adolescente d’aujourd’hui, se retrouve brusquement plongée dans le XIXe siècle. Décor grandeur nature ? Voyage dans le temps ? La réalité est bien plus inquiétante…
Tandis qu’elle s’enfonce dans les profondeurs de Cité 19, une ville qui ressemble à s’y méprendre au Paris du Second Empire, Faustine découvre qu’elle n’est pas la seule à vouloir détruire le simulacre.
Mais elle doit faire vite : dans son laboratoire secret, le docteur Zapruder, qui a d’autres projets pour elle, guette le moindre faux pas de l’adolescente…

Comment ce livre est-il arrivé entre mes mains?

Malgré la déception du premier tome, je suis curieuse et je voulais savoir comment l’histoire se concluait.

Mon avis:

Attention spoilers, ceci est un second tome, chronique à ne pas lire si vous n’avez pas fini le premier tome!

On retrouve donc Faustine, toujours enfermée dans le simulacre et qui prend peu à peu conscience que quelque chose ne tourne pas rond. Elle fait de nouvelles rencontres et continue à rechercher le monstrueux assassin de son amie Manon. L’alternance de points de vue continue dans ce tome avec Zapruder, Sylvia, Morgane et Vikram. C.I.T.E 19 se révèle peu à peu et on découvre les raisons de l’existence de ce rêve collectif.

Si vous avez lu ma chronique sur le premier tome, vous vous souviendrez que le style m’avait fortement déplu et empêché d’apprécier le récit.  Dans cette suite, ce défaut s’est atténué et j’ai pu, un peu plus, me plonger de le livre.Le roman est dans la continuité de la dernière partie du premier livre, qui était la meilleure.

L’explication des incohérences dans le comportement de Faustine qui ne se soucie plus de son père (dont la disparition ne sert à mes yeux qu’à entraîner sa fille dans le simulacre) et se met à vivre tranquillement au 19ème siècle, est évidemment qu’elle rêve. Les sentiments sont plus volatiles et le temps passe différemment dans le monde onirique. Cela ne vaut bien sûr que pour les évènements qui se passent dans le simulacre, car hélas, la superficialité et les changements brutaux de narrateurs continuent, quand on suit Faustine tout autant que les personnages qui ne rêvent pas.

Il y a malgré tout un approfondissement de l’univers de S. Michaka. On en apprend plus sur les personnages et sur le projet fou du « méchant », Zapruder. On découvre l’étendu du projet C.I.T.E 19 et les techniciens qui y travaillent, galvanisés par leur patron. Il leur promet de révolutionner la recherche bio-médicale et que leurs travaux vont changer le monde, en oubliant de préciser que les cobayes ne sont pas volontaires. Le rêve se précise également, avec des éléments vraiment chouette, notamment à partir du moment où Faustine prend conscience qu’elle rêve. On peut remarquer à nouveau la connaissance pointue de l’auteur sur cette période du 19ème siècle.  Tous ces éléments m’ont permis d’apprécier un peu plus l’histoire, moins rebutée par la forme.

Le récit est plein de révélations, explications et rebondissements. C’est plutôt plaisant malgré des incohérences manifestes quand on comprend le but réel de Zapruder ainsi que dans le comportement de nombreux personnages comme Sylvia ou Florent. Vikram et Morgane sont quant à eux d’une inutilité totale à l’histoire. Je pensais vraiment que leur rôle dans le simulacre serait intéressant, mais je reste sur ma première impression: ils sont creux et inutiles.

Faustine reste donc non seulement le personnage principal, mais aussi, la seule à avoir de la profondeur. Même sa mère, qui prend une importance majeure dans l’histoire ou Zapruder, dont les motivations sont analysées en détail, ne gagnent pas en profondeur. Toujours le même problème: on reste en surface, avec des explications de façade et des personnages secondaires clichés ou/et creux, soit faire-valoir, soit inutiles. Je ne me suis attachée à absolument aucun d’entre eux.

La fin du roman est ouverte, mais ne m’inspire pas grand chose, car tout se précipite et on n’a pas le temps de s’émouvoir dans l’enchaînement rapide des évènements. Elle n’apporte pas grand chose, mais laisse la porte ouverte pour une suite potentielle.

En conclusion, ce diptyque ne m’a pas convaincu, malgré un tome 2 meilleur que le premier. Le concept original n’aura pas mené à l’histoire fantastique et passionnante que j’espérais. Si vous n’avez pas accroché au premier, le deuxième est meilleur sans pour autant être foncièrement différent donc, à part si vous êtes curieux comme moi, passez votre chemin.

Informations pratiques:
Paru chez Pocket Jeunesse en mars 2016, 432 pages (17,90€).
Second tome d'un diptyque.
Existe en e-book, 9.99€.

Publicités