Résumé:

Les humains et les androïdes se pressent dans les rues bruyantes de la Nouvelle-Pékin. Une peste mortelle ravage la population. Depuis la lune, un peuple sans pitié observe la situation, en attendant de passer à l’attaque… Personne ne sait que le sort de la Terre ne dépend que d’une seule fille… Cinder est un cyborg, une mécanicienne très douée. Citoyenne de seconde classe, elle a un passé mystérieux, et vit avec ses désagréables belle-mère et belles-sœurs. Sa rencontre avec le prince Kai va la précipiter au cœur d’une lutte intergalactique. Partagée entre le devoir et la liberté, la loyauté et la trahison, elle doit découvrir les secrets de son passé, afin de protéger l’avenir de son monde.

Comment ce livre est-il arrivé entre mes mains?

J’ai entamé la relecture de cette série car je l’ai lu il y a longtemps, suite à de nombreux avis lus sur des blogs ou encore Senscritique, et j’en avais oublié les détails. Or, Winter, le dernier tome est dans ma Pal! Du coup, quand mon club de lecture l’a choisi comme livre du mois, j’ai sauté sur l’occasion et je vous livre maintenant mon avis.

Mon avis:

Cette réécriture de conte, Cendrillon pour ce tome, nous entraîne à la suite de Cinder, jeune cyborg génie de la mécanique, exploitée par sa belle-mère et ses belles-soeurs. Les cyborgs sont très mal vu dans la société de la Nouvelle-Pékin et bien qu’elle soit la meilleure dans son domaine, les gens la regardent de travers. Elle n’a, de plus, quasiment aucun droit, étant la propriété de sa marâtre. Son monde est, non seulement, secoué par une terrible épidémie qui décime la population, mais, également menacé de guerre par l’effrayante Levana, impératrice du peuple lunaire. Le hasard qui mènera le prince à entrer dans son atelier de réparation va tout changer…

Malgré une structure qui rappelle le conte, l’histoire dévie très rapidement de la trame originale. On se retrouve emporté dans une lutte pour la liberté et contre la tyrannie, qui semble reposer en partie sur les épaules de notre héroïne.  Les références à Cendrillon restent légères et ne perturbent pas le déroulé des évènements. Enfin, même si les rebondissements ne sont pas étonnants outre-mesure, ils sont très bien amenés et cohérents.

Je me suis beaucoup attachée aux personnages principaux dont, bien sur, l’héroïne, Peoni ou encore Iko. J’ai ressenti une grande empathie pour Cinder, exclue par tous, qui trouve quand même la force d’aimer sa soeur et surtout, de rêver à un futur meilleur, loin de cette vie misérable. La marâtre et la méchante belle-sœur sont insupportables à souhait, mais la palme de la « méchante » revient à Levana, l’impératrice machiavélique. Elle est implacable, puissante et manipulatrice. Enfin, que serait un conte sans son prince charmant: Kai. Il est très touchant, tiraillé entre son besoin d’affection, ses sentiments et son sens du devoir.

Petit aparté sur l’histoire d’amour: Si vous avez un parcouru mon blog, vous vous serez rendu compte que la romance n’est pas mon genre de prédilection et que les histoires trop guimauves ne me plaisent pas du tout. Or, quoi de plus nunuche qu’une amourette de conte? Et bien, dans Cinder, ce n’est pas le cas. Les péripéties ne sont pas centrées sur cet élément, qui se fond bien dans l’histoire, sans la « parasiter ». J’ai trouvé ça très appréciable, et cela donne plus de crédibilité à la relation entre les deux héros.

Le récit à la troisième personne permet de découvrir plusieurs points de vue et d’en savoir plus que les protagonistes, ce qui est à la fois plaisant et frustrant. Le style (la traduction) est bon sans être flamboyant, mais il sait se faire oublier au profit de l’histoire. Les mots glissent sur notre imagination et on se plonge dans ce monde si différent.

Les thèmes abordés, quant à eux, sont assez classiques des livres jeunes adultes, mais également de la littérature de l’imaginaire en général : la liberté, la différence, le dilemme entre l’accomplissement du devoir et le bonheur personnel, l’acceptation de soi,… Ils sont, cependant, bien traités, sans lourdeur ou leçons de morale.

Je recommande vraiment cette histoire qu’on lit d’une traite. Comme beaucoup, les histoires de cyborgs ne m’attiraient pas vraiment, mais celle-ci m’a convaincue. Elle a balayé mes réticences en quelques pages pour m’entraîner dans son univers qui n’est pas vraiment un conte de fée. Comme c’est une relecture, j’ai également remarqué de petites références à la suite qui montrent que l’histoire est bien construite et cohérente. Ce roman m’a fait m’évader, rire et m’a même brisé le cœur. Vivement la suite!

Ma citation préférée:

« – Je n’en sais rien. Je ne me souviens plus de rien avant mon opération.
Il haussa les sourcils. Ses yeux bleus parurent absorber toute la lumière de la pièce.
– Votre opération cybernétique?
– Non, mon changement de sexe. »

Informations pratiques:
Paru en chez Pocket Jeunesse en 2013, 416 pages (17.90€).
Premier tome d'une tétralogie (+ 2 hors-séries).
Existe en livre numérique (12.99€).
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