Résumé:

Le sort de la Terre est dorénavant entre les mains de Cinder et de ses compagnons. Ils doivent à tout prix empêcher le mariage de l’empereur Kaito avec la terrifiante reine Levana.

Cress, hackeuse de génie, enfermée dans un satellite depuis sa naissance, est la seule à pouvoir les aider.

Mais peut-on vraiment lui faire confiance ?

Comment ce livre est-il arrivé entre mes mains?

Arrivé au troisième tome, je ne vais pas refaire un roman. N’hésitez pas à vous référer aux chroniques des premiers tomes pour plus de détails.

Mon avis:

Attention alerte spoiler! Ceci est un tome 3! N’entamez la lecture que si vous avez lu Cinder et Scarlet!

La série repart de plus belle en se concentrant sur un nouveau personnage: Cress, Raiponce 2.0. Elle est enfermée depuis 7 ans dans un satellite espion lunaire qui gravite autour de la Terre. Elle a totalement pris parti pour Cinder et ses amies contre les lunaires, afin de protéger la Terre. Cependant, elle court le risque d’être découverte par Maîtresse Sybil, sa gardienne depuis toujours, qui vient la ravitailler et lui donner des missions régulièrement.

Cress a tout de la princesse de conte: naïve et innocente, elle rêve au prince charmant dans sa tour d’ivoire. Son talent de génie pour l’informatique ne la pas préparé à affronter la vie « réelle » et le choc sera brutal. Elle va tout de même montrer une très forte résilience et se révéler plus solide que ce que l’on aurait pu croire. Je l’ai trouvée très touchante dans sa candeur et sa maladresse dans les rapports humains. Ce personnage apporte un peu de fraîcheur  face à Cinder et Scarlet, plus dures, même si le petit chaperon rouge s’est révélée très naïve dans le tome précédent.

J’aime toujours beaucoup nos héroïnes ainsi que leurs « partenaires ». La relation Scarlet/Loup m’a moins gêné dans ce tome et les doutes de Kai quant à ses certitudes sur Cinder sont, bien que prévisibles, très chouettes à suivre. Le seul qui m’ait un peu posé problème est Thorne. Il se révèle moins insupportable que dans le premier tome et se comporte correctement avec Cress qui l’idolâtre. Je le trouve quand même agaçant, j’ai toujours du mal avec les personnages qui se cachent derrière leur ego et leur air bravache  (edit: j’avoue que j’ai malgré tout de la tendresse pour lui, malgré le fait qu’il m’horripile pas mal).

Les incursions narratives dans le palais sont plus rares dans ce tome, mais on sent bien que Kai a l’impression de perdre totalement le contrôle des évènements face à Levana, qui n’apparaît pourtant que peu, la grande « méchante » de ce tome étant plutôt Sybil, la thaumaturge, maîtresse de Cress. Il essaie  à tout prix d’éviter la guerre et d’obtenir l’antidote à la létumose. Pour autant la préparation du mariage le mine et le renvoie, sans cesse, à la décision qu’il a prise sous la contrainte d’épouser une femme qu’il hait et qu’il craint.

Le style reste le même et, sans être exceptionnel, il permet vraiment de se plonger au cœur de l’univers des chroniques lunaires. Il est au service de l’histoire qui se joue des contes et de nos connaissances de ces histoires, pour les réinventer. En analysant, on se rend compte que le récit suit assez bien les principes généraux des histoires originelles (avec quelques variantes):

  • Cendrillon est maltraitée par sa marâtre qui fait tout pour l’empêcher de se rendre au bal. Elle s’y rend tout de même et passe du temps avec le prince qui a des sentiments pour elle.  Il la fait rechercher dans tout le royaume, en conservant, non pas sa chaussure, mais son pied de cyborg qu’elle a perdu.
  • Le petit chaperon rouge, quant à elle, entame un voyage pour rejoindre sa grand-mère accompagnée d’un loup, qui lui ment pour parvenir à ses fins. Elle est même trompée par un « loup » déguisé en sa grand-mère à qui elle se confie.
  • Spoiler: Raiponce est enfermée par une femme qui lui a menti sur l’abandon de ses parents et qui l’utilise dans ses intérêts, dans une « tour » inaccessible. Elle est sauvée par un homme qu’elle idéalise, un voleur, mais dont elle va tomber amoureuse.

Bien sur, ce ne sont que les ossatures de fond des contes et l’œuvre de M.Meyer en dévie beaucoup, mais je trouvais important de souligner ces détails, en une liste non exhaustive, qui sont parsemés au fil du récit. Le travail de réécriture est appliqué, assez subtil pour ne pas rendre l’histoire trop semblable au conte, mais assez visible pour que les références soient explicites. J’ai vraiment hâte de savoir ce qu’elle va faire de Blanche-Neige, qu’on aperçoit brièvement dans cet épisode.

J’ai vraiment apprécié ce tome, qui a relancé l’intrigue et nous replonge dans la trame principale après l’incursion en France. Je n’ai pas pu le lâcher, alors que c’est une relecture. J’ai aimé que les choses se précisent et se compliquent très sérieusement. Un roman très agréable dont on veut connaître la suite ! 

Informations pratiques:
Paru chez Pocket Jeunesse en octobre 2014, 672 pages (18.90€)
Troisième tome d'une tétralogie (+2 hors-séries)
Existe en livre numérique (13.99€)

 

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