Résumé:

Locke Lamora, l’ancienne Ronce de Camorr, et son comparse Jean Tannen ont fui leur cité natale. Débarqués à Tal Verrar, ils vont y exécuter leur forfait le plus spectaculaire : s’attaquer à L’Aiguille du péché, une maison de jeu réservée à l’élite, et voler son incommensurable trésor. Un seul moyen pour cela : gagner les divers jeux proposés aux clients. Une formalité pour Locke et Jean.
Mais, une fois encore, les deux compères se retrouvent embringués dans des aventures imprévues… et devront se frotter à la flotte pirate du célèbre capitaine Zamira Drakasha. Une véritable sinécure pour des voleurs qui ne distinguent pas bâbord de tribord. Pendant ce temps, les Mages Esclaves fomentent leur revanche contre celui qui les a humiliés avant de disparaître : un certain Locke Lamora…
 

Comment ce livre est-il arrivé entre mes mains?

Je l’ai acheté en format numérique pendant une opération Bragelonne. J’avais beaucoup aimé le premier tome, qui finit en laissant nos héros dans une situation très compliquée. Je me suis décidée à lire ce tome 2 suite aux votes de l’article Faites moi lire!

Mon avis:

Attention, alerte spoilers (et du gros en plus), ceci est une tome deux, passez votre chemin si vous n’avez pas lu le premier: Les mensonges de Locke Lamora!

J’ai entamé ce roman avec enthousiasme: retrouver les Salauds gentilshommes et suivre leurs nouvelles aventures faisait partie de mes envies livresques pressantes pour 2017! J’avais vraiment apprécié le premier tome (ici) et j’attendais beaucoup de cette suite. Je le redis, arrêtez de lire si vous n’avez pas lu le premier, énorme spoil à venir!!

Nos amis Locke et Jean, seuls survivants de la bande, se sont installés à Tal Verrar depuis deux ans, ville commerçante et guerrière, grande rivale de leur cité de naissance, Camor. Ils sont, bien sur, en train de préparer une gigantesque arnaque qui se déploie au fil des pages, pour notre plus grand bonheur. On retrouve également des chapitres qui nous plonge dans le passé, juste après la fin du premier tome, avec un Locke Lamora en piteux état qui se noie dans la dépression à Val Virazzo. L’alternance des temporalités contribue à la construction du complot qui va se refermer autour des héros, alors qu’eux mêmes sont en train de tisser leur toile. J’ai trouvé que cela apportait beaucoup à l’histoire, il n’y a plus les longueurs intempestives du premier tomes.

L’univers des romans est beaucoup plus développé dans cet opus où les personnages évoluent dans différents lieux: Tal Verrar, Val Virazzo, Salon-Corbeau ou encore Port-Prodigue. L’ouverture sur le monde qu’apporte cette histoire donne plus de profondeur au récit et, donc, plus d’immersion. De plus, bien que l’histoire soit radicalement différente, et pour cause, il n’y a plus beaucoup de survivants du premier tome, on retrouve ci et là des évocations de Camor, du capa Barsavi, des Mages esclaves qui font leur retour ou encore de leurs amis disparus. Cela donne une cohérence intéressante au tout.

Les héros restent égaux à eux-mêmes et s’empêtrent, bien malgré eux, dans de nouveaux problèmes, qui s’approfondissent et se complexifient  au fil de leurs mensonges. Locke est toujours aussi roublard, vantard, intelligent, mais très touchant quand il baisse sa garde. Jean, quant à lui, se révèle encore plus dans ce tome. Il a beaucoup plus de place sans les autres personnages de la bande, on découvre ainsi encore plus son coté délicat et très fin. J’ai eu un petit coup de cœur pour lui. Il sort enfin de l’ombre de Locke, et prend les choses en mains, notamment quand notre héros s’effondre suite à la perte de leurs amis.

Les nouveaux arrivants m’ont séduite pour la plupart. Nous avons tout d’abord Requin et sa majordome dévouée ainsi que Stragos, l’Archon. Ils sont tout trois dangereux, puissants et tentent de contrôler les salauds gentilshommes tout en se méfiant d’eux comme la peste. Je ne vous en dit pas plus, mais j’ai apprécié les joutes verbales et les manipulations que les relations entre ces personnages et Locke et Jean apportent. La faune de Tal Verrar est tout aussi corrompue et malhonnête qu’à Camor, mais avec un système politique très différent.

Ensuite, il y a deux personnages féminins marquants qui apparaissent: Zamira et Ezri, les pirates. Je les ai adorées, tout simplement: femmes guerrières, intelligentes, charismatiques et compétentes, notamment dans le commandement d’un navire et de son équipage. Sabetha est toujours évoquée en fond, et j’avoue être impatiente de la croiser dans l’histoire, si cela arrive enfin!

J’en profite pour souligner un point qui m’a marqué: dans ce monde, les femmes sont « obligatoires » à bord d’un bateau (comme les chats) car sans elles, la bénédiction du Dieu de la mer, Iono, ne sera pas accordée au navire. Elles sont de plus réputée comme d’excellente officiers. C’est bien sur en total décalage avec la croyance que les femmes portent malheur en mer! On retrouve également des femmes bien placées qui excellent dans leur domaine, dans de nombreux métiers: les artificiers, la majordome/ garde du corps de Requin, l’armée,… Ce monde est, par bien des aspects, plus égalitaire que le nôtre et ça fait du bien à lire.

Comme vous l’avez probablement compris, j’ai adoré ce deuxième tome. Cette nouvelle ville, en pleine crise politique latente, est un terrain de jeu rêvé pour nos héros, mais qui se révèle très dangereux, tant les complots se superposent et s’entrecroisent. Le style de la traduction est vraiment très bon: Je suis totalement entrée dans l’histoire qui m’a parfois prise aux tripes, émue ou faite rire. Je n’en suis jamais sûre tout de suite, mais je pense que ce livre va devenir un de mes coups de cœur de l’année!

Si vous hésitiez après un premier tome avec un rythme parfois trop lent, cette suite est vraiment entraînante et rafraîchissante, dans un univers original. 

Informations pratiques:
Paru en France en 2007 chez Bragelonne, 
2ème tome d'une suite de sept livres (3 parus à ce jour).
Existe en livre numérique (5.99€), en broché (25€) et en poche (8.90€).

 

 

 

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