Et revoilà notre rendez-vous hebdomadaire du jeudi: le TbTL de Bettie Rose! Cette semaine nous allons parler d’un livre qui fait plus de 500 pages, autrement dit un pavé!

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J’aime beaucoup les livres de 500 pages et plus, car on reste longtemps immergé dans l’univers du livre. On a plus de temps à partager avec les héros et le monde du roman. Mon choix cette semaine s’est porté sur un livre qui reste gravé dans ma mémoire, le plus long que je n’ai jamais lu je crois. Dans sa version numérique, il fait 1388 pages (celle que j’ai lue)et jusqu’à 1408 dans sa version papier.

Les Bienveillante, Jonathan Littell

«En fait, j’aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n’est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret ; grâce à Dieu, je n’ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d’écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n’ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien : j’ai fait mon travail, voilà tout ; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi ; et pour le reste, vers la fin, j’ai sans doute forcé la limite, mais là je n’étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l’air, le manger, le boire et l’excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif.»

Quant j’ai suivi le conseil d’une collègue de travail et décidé de m’attaquer à ce monstre de la littérature, je ne savais pas dans quoi je m’engageais. Nous avions eu une discussion intéressante sur la seconde guerre mondiale et, me sachant mordue de livres, elle m’avait cité ce roman, Goncourt 2006. Le lire a été très compliqué et long, non seulement à cause de sa taille, mais aussi de par son sujet. Je n’ai pas la prétention de pouvoir expliquer grand chose du propos historique, philosophique, sociologique, psychologique et même poétique de ce roman. Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’il est à la fois fascinant et écœurant, instructif et révoltant, logique et aberrant.

On entre dans la tête d’un nazi à travers ses mémoires, qui va faire partie des commandos de l’enfer, les einsatzgruppen. J’ai beaucoup appris avec cette histoire sur le front de l’Est, qui reste assez peu étudié dans les cursus d’études non historique. Cependant, je ne le conseille qu’a ceux ou celle qui ont un estomac bien accroché et qui aime l’Histoire, car le « héros » est un réel psychopathe qui va vivre (et commettre) les pires horreurs de la guerre. Je ne peux pas vraiment exprimer mon sentiment quant à la lecture de ce roman. C’est une expérience très bizarre, difficile, mais instructive. La seule chose dont je suis sure, c’est qu’une fois refermé, on est satisfait et on ne le rouvre plus jamais!

Je ne vous ai peut-être pas beaucoup donné envie de lire cette histoire, mais pourtant je ne regrette pas du tout de l’avoir lu. Je trouvais juste important d’en parler par les temps qui courent, mais aussi, de savoir dans quoi on se lançait, si jamais on décide de le lire.

Connaissez vous ce roman? L’avez-vous lu? Qu’auriez-vous choisi pour ce thème? Désolée de ce choix un peu lourd pour la semaine, promis la semaine prochaine, je me rattrape en légèreté! ^^

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