Résumé

Soudain propulsée dans un couloir du temps, Etta, adolescente de 17 ans qui vit à New York, se retrouve sur un navire négrier en plein Atlantique au XVIIIe siècle. Cet événement marque le début d’une quête en plusieurs lieux et époques lui apprenant la vérité sur sa famille. Faute de retrouver un astrolabe, le futur de la jeune fille n’existera plus et le monde tel qu’elle le connaît sera bouleversé à jamais.

Comment ce livre est-il arrivé entre mes mains?

Comme je l’ai déjà dit dans une chronique et un TbTL, je suis une grande fan de la série des Insoumis de cette auteure. Quand j’ai découvert sur le blog de Darcybooks qu’elle sortait une nouvelle trilogie, j’ai évidemment voulu le lire dès sa sortie. J’ai attendu un peu car j’ai essayé de limiter mes achats :D. J’ai fini par craquer ce mois-ci 😉

Mon avis:

Alexandra Bracken nous fait découvrir un univers où certaines familles ont le don de voyager dans le temps. Etta, jeune violoniste prodige, va être entraînée de force dans une aventure à travers les époques pour sauver ceux qu’elle aime le plus au monde.

La narration alterne entre les points de vue de Nicholas, jeune marin du XVIIIème siècle et d’Henrietta, Etta, jeune fille du XXIème siècle. Cela peut dérouter par moment, mais la « voix » intérieure de chaque personnage est assez caractéristique pour être reconnue rapidement. Etta est une jeune femme de son époque, perdue dans un siècle qui n’est pas le sien. Elle ne se laisse pas faire et n’a besoin ni d’un sauveur, ni d’un protecteur. Malgré son imprudence et parfois même son inconscience, on s’attache à elle, au-delà de ses coups de sang et malgré son attitude d’adolescente en crise par moment (ce qu’elle est bien sur vu que son monde s’est écroulé en quelques instants).

Nicholas est quant à lui, un esclave dont on a racheté la liberté. Il rêve de sortir de la condition dans laquelle sa couleur de peau et son statut de bâtard l’enferme. Grâce à son travail acharné sur le bateau de celui qu’il considère comme son père adoptif, le capitaine Hall, il acquière petit à petit le respect que chaque marin peut obtenir grâce au travail acharné, sans distinction d’origine. Ses plans vont bien sur être bouleversés par l’arrivée d’Etta dans sa vie.

Le contraste entre les deux personnages principaux est intéressant. Etta est révoltée par le racisme et la condition des femmes de cette époque, alors que Nicholas s’en accommode, tant bien que mal, pour s’en sortir. Ils sont extrêmement différents, mais ont, malgré tout, des valeurs communes. L’une risque tout car elle n’a plus rien à perdre, l’autre va devoir faire un choix entre ses rêves et ses valeurs. Leur relation évolue au fil du temps, un peu rapidement à mon goût, mais en restant à peu près cohérente. 

Les personnages secondaires sont intéressants, Sophia, le grand-père Boisdefer, Hasan, Rose, Alice,…, mais sont trop peu creusés. Comme le récit doit expliquer beaucoup quant au passé d’Etta et de Nicholas, mettre en place les voyages dans le temps et les relations entre personnages principaux, les autres protagonistes en pâtissent. J’espère que cela va changer dans les tomes suivants.

Un des écueils de ce type d’histoire est de maintenir une cohérence dans l’histoire et de rendre les différents bonds temporels logiques. Il faut également éviter au maximum les facilités qui pourraient en découler (une erreur, hop saut dans le passé on corrige pour s’aider soi-même), ce que le roman fait bien pour le moment. L’univers et les règles de cet univers sont mis en place petit à petit et sont bien ficelés.

Le plus gros défaut de cette histoire est qu’on ressent souvent certaines longueurs. J’ai aimé l’histoire, mais j’ai souvent ressenti de l’impatience face au déroulé des évènements. C’est dommage car cela m’a un peu gâché le plaisir tant l’histoire peine à avancer. J’ai refermé le premier tome avec un sentiment contrasté: la fin tient en haleine et donne envie de lire la suite le plus rapidement possible, mais j’ai également ressenti une certaine lassitude et du soulagement que ce soit fini.

Mon avis sur ce roman est donc mitigé. J’ai apprécié l’histoire, les bonds temporels et l’univers. Il y a cependant un peu trop de longueurs qui tuent le rythme et empêche d’apprécier totalement la lecture. C’est donc une déception pour moi, qui avait adoré l’autre série d’Alexandra Bracken, Les Insoumis. Je tenterais tout de même le tome 2, en espérant que ce défaut soit lié à la nécessité de présenter son univers dans ce premier opus, introductif.

Informations pratiques:
Paru en février 2017 en France, chez les Éditions Milan, 480 pages (17.90€).
Premier tome d'une trilogie
Existe en livre numérique (12.99€).
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