Chronique

La république des voleurs, Les Salauds Gentilshommes, tome 3, Scott Lynch

Résumé:

Après le plus grand casse de leur carrière, Locke et son complice Jean ont réussi non sans mal à s’échapper. Mais Locke est en grave difficulté, et doit accepter le marché proposé par une mystérieuse Mage Esclave, lié aux prochaines élections de Karthain, la cité des mages. C’est à ce moment que réapparaît un fantôme du passé de Locke, mêlé au complot qui se trame : Sabetha, une femme qu’il a follement aimée autrefois, aussi rusée et habile que lui, et désormais son plus dangereux adversaire…

Comment ce livre est-il arrivé entre mes mains?

J’ai adoré les deux premiers tomes! Et j’avais acquis celui-ci lors d’une précédente OP de Bragelonne. Je me suis dit qu’il fallait peut être que je finisse de lire au moins la moitié des livres achetés lors de cette OP avant d’entamer les derniers achats 😀

Mon avis:

Comme d’habitude une grosse alerte spoilers, ceci est un tome 3! Ne lisez pas ce qui suit si vous n’avez pas lu le tome 1 et le tome 2, excepté le dernier paragraphe 😉

J’ai retrouvé avec plaisir nos deux Salauds préférés, six semaines après la fin du premier tome. Ils vivent à Lashain dans une location où Locke est en train d’agoniser, pendant que Jean tente par tous les moyens de le faire soigner. Stragos n’avait, hélas, pas menti sur l’efficacité du poison. Alors qu’ils se retrouvent dans une situation très délicate, ils reçoivent une offre totalement inattendue d’une mage-esclave et la suivent à Karthain, leur ville forte. Ils y retrouvent une vieille connaissance qui va fortement perturber notre ami Lamora.

Le style de l’auteur/ du traducteur est toujours très bon et teinté d’un humour noir cynique comme je les aime et de grossièretés (125 occurrences, rien que pour le mot « merde »):

“Chains disait que la vie se résume à faire la queue pour recevoir de la merde sur la tête. Tout le monde a une place au sein de la file, une place que tu ne peux pas quitter. Et au moment où tu commences à te féliciter parce que tu as survécu à ta dose de merde, tu t’aperçois que la queue forme un cercle géant.”

« Après tout Camorr était une cité civilisée: l’assassinat d’enfant n’y était toléré que sous certaines conditions. »

Le récit alterne entre le présent et le passé où l’on fait connaissance (enfin) avec la mystérieuse Sabetha, grand amour de Locke. L’auteur a le don de couper ses scènes pour changer d’histoire au bon moment. Il nous tient en haleine avec de minis cliff-hangers, terriblement sadiques.

Il y a bien sur de nouveaux protagonistes comme Patience, Nikoros, Maudite Superstition Dexa 😀 , Epitalus ou Vordratha. Ils sont assez peu nombreux à prendre de l’importance dans le complot, mais ils sont intéressants et bien construits. On découvre par contre beaucoup sur le fonctionnement des fameux Mages-esclaves, par l’intermède de Patience notamment. La troupe d’acteurs du passé est un peu plus étoffée et ils vont nous faire découvrir de nouveaux aspects de nos héros.

Nous avons enfin l’opportunité de découvrir le dernier et unique membre féminin des Salauds Gentilshommes, à travers l’éclosion de la relation passée entre Locke et Sabetha, ainsi qu’en suivant leur rivalité présente. Cela a été très chouette de revoir Chains, Calo et Galdo, en découvrant la mécanique de la bande avec l’ajout de Beth. C’est une femme au moins aussi intelligente que Locke et beaucoup plus douée que lui dans les arts du combat. Elle est redoutable, manipulatrice et malhonnête, comme tous ses camarades. Le lien entre elle et notre héros est, et c’est un euphémisme, compliqué. Très clairement, Locke ne la comprend pas, et j’avoue que moi non plus parfois. Cette romance n’a pas été un élément que j’ai particulièrement apprécié. Les passions absolues comme celle de Locke pour sa chère rouquine me laisse un peu de marbre: elle peut tout lui faire, il reviendra toujours comme un toutou lui manger dans la main. On a un début d’explication pour cette obsession, mais j’attends plus de détails pour me prononcer définitivement. J’aime chacun des personnages dans leur individualité, mais leur jeu du chat et de la souris a fini par m’ennuyer.

J’ai retrouvé hélas un peu ce défaut dans le roman. Le premier tiers du roman est juste excellent, mais on a un ventre mou un peu trop long, que ce soit à Karthain pour les élections ou dans le passé. L’histoire a des moments intenses, suivis de creux parfois trop longs. Le complot est moins intéressant que ses prédécesseurs et on a moins la sensation de danger dans lequel s’enfonçaient nos héros précédemment. Cela place ce tome en dessous des deux premiers. Heureusement, les révélations finales promettent une suite fort compliquée pour nos héros, si elle paraît un jour!

Pour conclure, j’ai adoré retrouver la plume Scott Lynch et ses personnages. Son univers cynique et un peu amer m’emporte totalement: apparemment, l’auteur vivait une période de sa vie très difficile lors de l’écriture de ses livres. Le roman part sur les chapeaux de roue avant de passer, plusieurs fois, par un faux rythme qui le rend moins agréable que les premiers. Cependant, cette série reste très bonne et j’attends avec impatience « La ronce d’Emberlain » qui devrait être publié en 2018 (que c’est long!).

Informations pratiques:
Publié en France en 2014 par Bragelonne, 672 pages (25€).
Troisième tome d'une suite de 7 (??) livres, 3 parus à ce jour.
Existe en poche (9.90€) et en livre numérique (5.99€).

 

 

 

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