Chronique

Génération K, Marine Carteron

Résumé

Kassandre, Georges, et Mina.
Trois jeunes que tout oppose mais aux destins liés.
Séparés par leur naissance et leur milieu social, ils ont en commun un ADN unique à l’origine de leur pouvoir.
Un ADN qui attise bien des convoitises et va les obliger à fuir pour sauver leur vie.
Ka l’aristocrate, Mina la fille de domestique et Georges le fils de personne ne le savent pas encore, mais ils ne sont pas seuls.
Ils sont la Génération K.

Comment ce livre est-il arrivé entre mes mains?

Je l’ai découvert lors d’un TbTL qui m’a mené à la chronique de la tête en Claire. Elle m’a donné envie de le découvrir et je l’ai ajouté sur ma wishlist. Ma moitié me l’a ensuite offert pour mon anniversaire.

Mon avis:

Le prologue de ce roman nous fait assister à la naissance de jumeaux, des garçons. La mère, en fuite, a un pouvoir particulier, cause de son enferment par de mystérieux ennemis. Mourante, elle confie ses enfants aux gens du voyage, qui sont des serviteurs du Maître à travers leur doyenne, « Celle qui écoute ». La suite se déroule 20 ans plus tard avec trois personnages: Kassandre, Georges et Mina. Si les demoiselles sont liées depuis toujours, Georges est pour elles un parfait inconnu. Leur destins sont pourtant imbriqués, ils sont les Génophores,…

Les trois protagonistes principaux racontent leur part de l’histoire, qui finissent par converger, alors que leurs routes étaient bien distinctes au début. La narration à la première personne fait se succéder leur point de vue, ce qui permet de bien découvrir chacun des héros. Le style incisif et fluide l’auteure est agréable. Il donne envie de continuer, de découvrir la suite, malgré la noirceur du monde.

La construction des personnages est très intéressante. Il y a 2 écorchés vifs et une jeune fille douce, qui cache un secret au plus profond d’elle.

  • Ka est l’ado rebelle par excellence, j’ai beaucoup aimé le fait qu’elle soit metaleuse 😀 . Elle est révoltée à outrance et ne réfléchit pas toujours aux conséquences de ses actes. Fille de la noblesse, elle rejette en bloc ses parents, sa famille et leur milieu. Elle m’a agacé au début, mais sa colère est cohérente, justifiée et elle dissimule une fragilité évidente, ce qui fini par la rendre attachante.
  • Mina est sa sœur de lait (terme moyenâgeux, mais qui colle bien), sa meilleure amie, son âme sœur. Fille de la nourrice de Ka, elle est élevée avec son amie, même si les Bathory de Kapolna lui ont toujours fait comprendre quelle place était la sienne.  Plus calme, elle cache pourtant un secret au plus profond d’elle. Elle regarde les excès de son amie avec tendresse et parfois inquiétude, lui reprochant sa naïveté. Elle va cependant prendre une décision impulsive et un peu folle qui va changer son avenir. Il est facile de s’attacher à elle.
  • Georges, ou Georg si vous voulez éviter de vous faire tabasser, est un enfant abandonné. Il a multiplié les fugues de ses familles d’accueil avant de commencer à grimper dans les échelons du crime organisé. A 20 ans, il est en prison pour avoir conduit un go-fast. C’est un jeune homme maltraité par la vie qui s’est construit une personnalité violente et asociale pour survivre. Il a peu d’ami, le plus important étant de se faire respecter ou craindre, pas aimer. Son pouvoir, son démon intérieur, est un bon reflet de sa rage brute. Très critique, il remet en question tout ce qu’il voit, en s’adaptant facilement aux milieux dans lesquels il évolue.

Ils vont tout trois évoluer et découvrir petit à petit qui ils sont vraiment, grâce à des rencontres, pas toujours rassurantes. Les personnages de Vitali Camponi et de Jarod sont particulièrement inquiétants tout comme celui de Carlo.

Le monde dépeint dans ce livre est très sombre, sans concession. La violence, l’hypocrisie ou encore le mensonge sont la base de la vie de tous. Cela se ressent en particulier dans la représentation de figures parentales, terriblement négatives dans la majorité du roman. Les parents mentent, utilisent leurs enfants ou ont des pulsions inavouables à leur égard. J’ai toujours un peu de mal avec des univers aussi noirs, étant très sensible. Cependant, j’en reconnaît la qualité et le réalisme, avec un lien critique sur notre société facile à faire.

Cette aventure monte en puissance, une fois que vous être pris dedans, difficile de s’arrêter. Ce n’est pourtant qu’une introduction au monde et j’ai senti qu’il nous manquait encore beaucoup d’informations, à découvrir probablement dans la suite. C’est un mélange de science-fiction et de fantastique assez fascinant qui vous attend si vous décidez de vous plonger dans cette lecture. Vous y trouverez également un certain nombre de références à la pop-culture et à la culture metal.

Pour conclure, la plus grande force de ce roman est incontestablement ses personnages, différents, complexes. Ils sont réalistes et touchants par leurs blessures, à vif. L’histoire est également très prenante dans un style agréable, rapide et fluide. C’est à mes yeux un bon roman, même si j’ai du mal à savoir si j’ai aimé ou pas. Ce récit m’a un peu bousculée (je pense que c’est un des buts de l’auteure) et il va me falloir du temps pour analyser mon ressenti. Mon conseil est donc de le découvrir, car il est vraiment bien construit et écrit, même si je reste incertaine quant à ce que j’en pense.

Informations pratiques
Paru chez Rouerge en septembre 2016, 304 pages (14€)
Premier tome d'une trilogie.
Existe en livre numérique (9.99€)

4 réflexions au sujet de “Génération K, Marine Carteron”

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