Chronique

Black-out, Connie Willis

Résumé:

Oxford, futur proche. L’université est définitivement dépoussiérée : historien est devenu un métier à haut risque. Car désormais, pour étudier le passé, il faut le vivre. Littéralement.
Michael Davies se prépare pour Pearl Harbor, Merope Ward est aux prises avec une volée d’enfants évacués en 1940, Polly Churchill sera vendeuse en plein coeur du Blitz, et le jeune Colin Templer irait n’importe où, n’importe quand, pour Polly…
Ils seront aux premières loges pour les épisodes les plus fascinants de la Seconde Guerre mondiale. Une aubaine pour des historiens, sauf que les bombes qui tombent sont bien réelles et une mort soudaine les guette à tout moment. Sans parler de ce sentiment grandissant que l’Histoire elle-même est en train de dérailler.
Et si, finalement, il était possible de changer le passé ?

Comment ce livre est-il arrivé entre mes mains?

Encore et toujours Bragelonne et sa Grosse OP de juin 2017! J’ai lu le synopsis où j’ai vu Histoire et voyage dans le temps, ce qui m’a fait cliquer automatiquement sur le bouton acheter. 😀

Mon avis:

Le début de l’histoire est assez lent avec un peu trop de dialogues. L’auteure prend le temps de mettre en place les règles du voyage dans le temps et de nous présenter ses Héros: Polly, Merope et Michael, tous en missions en 1940, ainsi que les personnages secondaires importants tels que Colin, Mary ou M. Dunworthy. L’importance des détails et de la sécurité est appuyée maintes fois par le responsable (M.Dunworthy) avec des règles strictes: en effet, si les historiens ne peuvent, théoriquement, pas modifier l’Histoire, ils peuvent mourir dans le passé. Cependant, malgré cette rigueur affichée, le départ des héros dans le passé est perturbé par un planning modifié à la dernière minute! Ils arrivent donc sur leurs affectations sans être totalement prêts.

Au début, ils suivent leur programme avec des peur et des doutes, mais ils se rassurent vite. Merope/Eileen est déjà dans le passé auprès d’enfants évacués et Polly arrive avec un certain décalage, mais est bien à Londres pendant le Blitz. La mission de Michael sur l’observation de l’évacuation de Dunkerque va se révéler bien plus compliquée, mais je ne m’y attarderais pas, spoiler oblige. Il y a également un personnage qui apparaît par moment, mais en 1944: Mary, en mission au sein d’une brigade d’ambulancières. Elle disparaît cependant de la narration dans la dernière partie du roman et je l’ai presque oubliée.

Ce livre a dû nécessiter des recherches impressionnante au vu de la précision historique. L’auteure évoque les bombardements londoniens, les destructions et le nombre de morts au jour le jour. Elle nous fait vraiment découvrir Londres en plein milieu de la guerre, c’est vivant et prenant. J’ai beaucoup aimé le style et les descriptions, qui justifient selon moi les nombreux prix reçus par ce roman.

J’ai suivi avec plaisir les péripéties des héros dans le passé, avec les difficultés qui vont peu à peu d’accumuler. Le changements de narration à chaque chapitre pour les suivre individuellement rend l’histoire dynamique, même pendant les périodes de creux. L’aspect historique prend largement le pas sur le coté science-fiction, mais j’aime ça.

Je me suis attachée aux personnages, malgré certains éléments agaçants. Ils ont chacun une personnalité intéressante et une habitude de la « facilité » venue du futur dont ils ont du mal à se débarrasser, malgré leur formation d’historien-voyageur temporel. Pour chaque problème rencontré, il leur suffit de retourner en 2060 et se faire implanter des connaissances ou s’entraîner quelques jours (à conduire par exemple). Le seul qui m’ait vraiment posé problème est Michael, qui devient totalement obsessionnel à la fin, véritable tête à claque, même s’il a une bonne raison de l’être.

Le principe du voyage dans le temps, les personnages et l’environnement sont bien construits et apportent un plaisir de lecture certain. Il y a cependant des incohérences dans l’histoire qui m’ont fait lever les yeux au ciel. Tout d’abord, il est répété par tous les protagonistes en boucle, que M. Dunworthy est hyper strict sur la sécurité. Il chamboule malgré tout les plannings et met en danger les historiens qui partent mal préparés en plein milieu d’une guerre, ce qui peut, vous le concéderez aisément, être un tantinet dangereux.

Ensuite, il n’existe aucune procédure en cas de problème pour retrouver la faille de passage dans le temps. Or un accident peut arriver non? Comment un obsédé de la sécurité peut-il ne pas prévoir cette possibilité? En cas de problème, la seule chose que les historiens font est d’attendre l’équipe de récupération. Aucun plan B! Cela m’a vraiment fait tiquer, bien que cela apporte bien sûr du suspens à l’histoire.

Enfin, les voyageurs temporels ne sont pas vraiment très dégourdis. Nous avons celle qui n’arrive pas à trouver une jupe noire: il faut à tout prix aller la chercher dans le futur alors qu’elle a 20 livres sterling dans ma poche et qu’elle travaille dans un magasin de vêtements. Spoiler: Celui qui se fait enlever pas un septuagénaire et la dernière qui ne peut pas s’enfuir d’une maison gardée par un vieux jardinier. Bref, des petits obstacles deviennent des montagnes pour eux, ce qui pourrait être justifié si c’était leur premier voyage, mais ce n’est pas le cas.

La fin est assez abrupte car, apparemment, les deux tomes ne font qu’un, mais c’est très frustrant! Je vais donc devoir lire la suite pour pouvoir connaître le fin mot de l’histoire et comprendre (peut-être) les raisons de ces incohérences. Je pense également que certains personnages très peu exploités vont prendre de l’importance dans le second tome.

Ce livre a un univers bien construit et se lit très vite. J’ai adoré l’idée des historiens qui se promènent dans l’Histoire pour vérifier la véracité des récits. C’est juste une idée de génie. Ma lecture a été plaisante malgré des péripéties pas toujours très cohérentes. Je suis peut-être un peu méchante avec des pauvres personnages plongés dans une époque très difficile, qui n’est pas la leur, mais ce livre a reçu beaucoup de prix. Je m’attendais donc à une merveille. Au delà de ces quelques déceptions, je vous recommande de lire ce livre, plutôt chouette, mais en possédant déjà le tome 2, All clear, pour pouvoir les enchaîner!

Informations pratiques:
Paru en août 2012 chez Bragelonne, 672 pages (25€)
Premier tome d'un dyptique.
Existe en poche (J'ai lu 9.90€) et en livre numérique (5.99€)
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10 réflexions au sujet de “Black-out, Connie Willis”

  1. Ce mélange d’histoire, de voyage dans le temps et de science-fiction a l’air passionnant.
    Les obstacles qui se transforment en montagnes risquent de m’agacer, mais à part ça, tu m’as bien donné envie de lire ce roman 🙂
    Le fait que M. Dunworthy malgré son côté stricte change son planning m’a rappelé Tous nos contretemps quand le père du héros très rigoureux sur la sélection de son équipe place son fils incompétent dans son projet de voyage dans le temps sans sourciller. Pas très cohérent dans les deux cas…

    Aimé par 1 personne

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