Chronique

Comme un conte, Graham Joyce

Résumé:

Tara n’avait pas seize ans lorsqu’elle a disparu sans laisser de trace. Son corps n’a jamais été retrouvé, mais dans sa famille, on a fini par se faire à l’idée qu’on ne la reverrait plus. Pourtant, vingt ans plus tard, le soir de Noël, on frappe trois coups à la porte de ses parents. Tara se tient sur le seuil. Une Tara fatiguée, sale, échevelée… mais qui n’a pas vieilli d’une ride. Elle explique sa longue absence par l’appel du voyage, mais les incohérences de son récit laissent son frère et son ancien compagnon sceptiques. La vérité qu’elle finit par leur avouer semble plus incroyable encore : elle aurait été enlevée par des fées… entre amnésie et aliénation, à quel point le fantasme se mêle-t-il à la réalité ?

Comment ce livre est-il arrivé entre mes mains?

C’est une de mes nombreuses acquisitions de la Grosse OP de Bragelonne de juin 2017. Le résumé m’avait intrigué. J’ai depuis lu de nombreuses chroniques avec des avis partagés, ce qui a vraiment attisé ma curiosité. Je l’ai sélectionné pour ma PAL du Cold Winter Challenge.

Mon avis:

Cette histoire est intéressante, bien que beaucoup plus tournée vers psychologie des personnages que ne pourrait le laisser entendre le synopsis. La disparition de Tara et son séjour dans le monde féérique sont au centre de l’histoire, mais le récit se concentre bien plus sur les conséquences de son absence que sur l’aspect fantastique.

Tara, notre protagoniste principal, est mystérieuse. Elle est à la fois attachante, agaçante et d’une tristesse insondable: une adolescente de 30 ans. Le récit de son absence est incroyable et pourtant, en tant que lecteur on veut qu’il soit vrai. Petit à petit cependant, l’auteure réussit à nous faire douter. Tara dit-elle la vérité? Est-elle mythomane? Finalement son retour est-il vraiment une bonne chose?

Les changements de narrateur sont perturbants au début car ils ne sont pas formalisés clairement. L’alternance est cependant enrichissante car cela permet de comprendre les différentes versions de l’histoire: racontée par Tara, puis vue par son entourage proche ainsi que son psy.

Les personnages sont assez complexes et  expriment des émotions contradictoires. Je n’ai pas du tout apprécié le personnage de Jack, neveu de Tara, cliché du garçon de 13ans, turbulent, qui n’aime pas ses sœurs et joue avec sa carabine à air comprimé à tuer des rats. Bien que son arc narratif ait une utilité (difficile à saisir au début), son tour de narration ne m’intéressait pas vraiment. Par contre, Peter, frère de Tara, et sa femme Geneviève sont plutôt attachants, tout comme leurs enfants (sauf celui cité précédemment), même s’ils sont un peu en retrait.

Richie est l’ancien petit ami de Tara. Il a un rôle important dans l’histoire et le retour de la jeune fille va presque autant bouleverser sa vie que sa disparition. La voisine et le psychiatre Vivian Underwood apporte leur touche à cette histoire de réconciliation et de deuil.

J’ai aimé le traitement de la douleur de la perte d’un enfant et les émotions contradictoires à sa réapparition. La plaie à peine cicatrisée de la disparition est rouverte brutalement. Le retour apporte à la fois joie et peur, soulagement et peine. La situation est encore compliquée par le récit fantastique de Tara.

L’incompréhension entre Tara et le reste du monde est touchante. La famille de Tara peinait à faire son deuil et l’équilibre est totalement chamboulé par son retour. Son histoire incroyable va déstabiliser sa famille et son ex-petit ami, Richie qui tentent de comprendre. La joie initiale va se transformer en méfiance. Comment lui pardonner de les faire encore souffrir et d’inventer une histoire impossible à croire?

La fin m’a frustrée, mais elle est bien trouvée. Je suis directement allé vérifier s’il n’existait pas une suite, ce qui n’est pas le cas.

J’ai bien aimé cette histoire qui sonne juste selon moi. Au fond, l’histoire des fées n’est pas si importante. C’est le récit d’une famille qui doit se reconstruire et d’une jeune fille qui se retrouve dans une situation inextricable. Ce fut une bonne découverte et je le recommande aux amateurs de récits psychologiques.

Informations pratiques:
Paru en février 2015 chez Bragelonne, 448 pages(20€).
Existe en poche (8.30€) et en livre numérique (12.99€).

 

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