Chronique

Mycroft Holmes, Kareem Abdul-Jabbar et Anna Waterhouse

Résumé:

Tout juste sorti de Cambridge, Mycroft Holmes commence déjà à se faire un nom au sein du gouvernement. Ce diplomate des plus britanniques entretient des liens forts avec la lointaine île de Trinité, où est né son meilleur ami Cyrus Douglas et a grandi Georgiana Sutton, sa fiancée. Lorsque des rumeurs courent autour de mystérieuses disparitions à Trinité, d’étranges empreintes dans le sable et d’esprits attirant à la mort des enfants retrouvés vidés de leur sang, le trio se retrouve pris dans un tissu de sombres secrets qui se révèlent de plus en plus dangereux..

Comment ce livre est-il arrivé entre mes mains?

Je l’ai acquis lors de l’OP Bragelonne de juin 2018.

Mon avis:

L’idée de se concentrer sur le frère du célèbre Sherlock Holmes m’a tout de suite donné envie de me lancer dans cette lecture. Mycroft est un jeune homme de 23 ans, très intelligent, ambitieux, amoureux, passionné et terriblement prétentieux. Lorsque sa fiancée Georgiana, perturbée par l’annonce de la mort de plusieurs enfant sur son île natale, Trinidad, lui annonce qu’elle repart pour une durée indéterminée, il décide de la suivre, accompagné de son ami Cyril Douglas. Ce dernier est un homme noir qui a réussi à construire sa vie en Angleterre, malgré les discriminations et le racisme ambiant. Il est également né sur l’île de Trinité et va guider son compagnon, tant par ses connaissances du terrain et des gens que par son amitié et sa capacité à ramener Mycroft sur terre.

Mycroft est terriblement naïf malgré son intellect. Son arrogance va souvent lui causer  problème et sans Douglas, il ne s’en serait pas sorti. Sa relation avec son meilleur ami est équilibré malgré la différence d’âge, contrairement à celle avec sa fiancée qui ressemble plus à de l’adoration qu’à de l’amour sincère. J’ai beaucoup apprécié le personnage de Douglas, bien plus humain que Mycroft. Georgina est également un personnage intéressant avec plusieurs visages. Son fiancé l’idéalise et le jour où il se rend compte qu’elle a peut-être des défauts et des casseroles, son monde s’écroule.

C’est un des éléments que j’ai aimé dans ce roman, les personnages ne sont pas monolithiques et tout n’est pas noir ou blanc. Les deux héros forment une dynamique très agréable à suivre, dans laquelle Douglas atténue les aspects (très) irritants de Mycroft. Il n’est cependant pas qu’un faire-valoir, son rôle est essentiel à l’histoire et il remet le jeune Holmes à sa place quand celui-ci devient trop condescendant.

Hélas, j’ai tout de même trouvé qu’il était difficile de ne pas comparer le duo au fameux couple Sherlock/Watson. Bien qu’ils aient une identité qui semble différente, par moment, j’avais vraiment l’impression d’être au cœur d’une enquête du fameux détective de Baker Street. La difficulté de créer un personnage si proche de Sherlock tout en étant différent explique surement cette impression. Les nombreux clins d’œil (dont j’ai dû rater la moitié, n’ayant que des connaissances indirectes de l’œuvre de Sir Conan Doyle)  n’aident pas non plus à se concentrer sur les originalités du récit, même si elles sont appréciables.

Ce récit a un autre point très positif. Certains personnages ont par moment des discours qui font du bien, que ce soit Georgiana sur la position des femmes dans la société victorienne (et bien sur implicitement encore aujourd’hui) ou Douglas sur l’esclavage et la vie des personnes noires dans une société à domination blanche. Les références historiques sont de plus intéressantes et abordent des aspects peu connus de l’esclavage comme les « Merikens ».

Cependant, j’ai eu un gros problème avec le rythme de l’histoire. L’enquête met un temps fou à se lancer et même quand on arrive dans le vif de l’action, le récit est d’une lenteur infinie. J’ai plusieurs fois eu la tentation de lire en diagonale certaines pages voire certains chapitres. C’est vraiment dommage car le mystère est intéressant avec une fin qui sort un peu des sentiers battus. Cela a vraiment entaché mon plaisir de lecture et fait passer ce roman d’une très bonne lecture à une lecture divertissante, mais moyenne.

Pour conclure, ce livre est agréable à lire et propose une histoire solide avec des références historiques et culturelles précises. Les longueurs et le rythme m’ont pourtant donné gâché le plaisir tout comme la prégnance de l’œuvre originale dont le récit est inspiré. Ce fut une lecture divertissante, mais pas aussi bonne que je l’espérais.

Informations pratiques:
Publié en septembre 2018 par Bragelonne, 380 pages, (28€).
Existe en livre numérique (12.99€)
Fun fact: Kareen Abdul-Jabbar est un ancien basketteur de haut niveau et un
holmésien passionné.

 

 

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3 réflexions au sujet de “Mycroft Holmes, Kareem Abdul-Jabbar et Anna Waterhouse”

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