Chronique

Les Contrées du rêve, H.P Lovecraft

Résumé:

Avant le célèbre Mythe de Chtulhu, H.P. Lovecraft a créé tout un univers onirique inspiré des œuvres de Lord Dunsany, une contrée sauvage et magique peuplée de démons et de merveilles, de rêveurs perdus au milieu de leurs cauchemars dont son héros, Randolph Carter en tête. Cet univers est devenu l’une des œuvres fondatrices de la Fantasy.

Comment ce livre est-il arrivé entre mes mains?

Je l’ai acheté à Livre Paris 2017 en me laissant convaincre par un libraire passionné sur le stand Mnémos.

Mon avis:

Connaissant mon amour de l’horreur (hum…), vous vous demandez probablement pourquoi je me suis laissée convaincre par ce recueil. Tout d’abord, le libraire de Mnémos m’a garanti qu’il était avant tout onirique et très peu horrifique. Et puis, j’ai un bon souvenir de Lovecraft, malgré les quelques sueurs froides que j’ai du ressentir à l’époque. Je voulais donc m’y replonger, histoire d’avoir un avis plus récent sur le monde lovecraftien (j’avais 17 ans lors de mes premières incursions dans cet univers).

Le préface est très intéressant: David Camus, le traducteur explique la raison de cette nouvelle introduction et la réflexion qu’il a du mener pour obtenir le résultat « idéal ». La traduction d’un auteur si mythique est un affaire de choix entre tradition et innovation. Son propos est vraiment bien articulé, parfaite introduction à la suite du programme.

Ce recueil est composé de 14 nouvelles dont la très grande majorité (9) font moins de 15 pages et la plus longue en fait 124 (La Quête Onirique de Kadath l’Inconnue). Si elles peuvent paraître sans lien immédiat, chaque histoire est en fait utile à la suite et tout se recoupe dans ce texte qui représente presque la moitié du livre. Le choix des nouvelles est expliqué dans le préface, mais on en comprend vraiment la cohérence lorsque l’on referme l’ouvrage.

Il est difficile de donner un avis précis sur les 14 nouvelles individuellement, mais pour vous donner une idée, j’ai mis en place une note pour chacune d’entre elle et aucune n’était sous les 3/5. Le style de la traduction est vraiment excellent. Il nous fait plonger totalement dans le monde dérangeant des rêves lovecraftiens. Le libraire avait raison, ce livre n’est pas totalement à classer dans l’horreur malgré des créatures répugnantes et vraiment perturbantes. J’ai ressenti un malaise tout au long de ma lecture car l’exploration des rêves est faite pour nous bousculer, nous effrayer et nous faire réfléchir.

Les héros de ces histoires se perdent dans le monde onirique en sacrifiant leur vie réelle sur l’autel de la drogue et des différents produits qui leur permettent de se promener dans ces contrées effrayantes et magnifiques à la fois. Cette lecture apporte une morale que je n’avais pas décelée plus jeune à propos de l’avidité, l’injustice, la curiosité mal placée ou le courage.

Malgré les monstres qui les parcourent, j’ai apprécié cette incursion dans les Contrées du Rêves où seuls les plus méritants ont l’honneur d’entrer, spirituellement ou même physiquement pour les plus courageux. L’ordre des nouvelles est choisi méticuleusement afin de créer un tout cohérent qui fonctionne très bien. Je ne suis pas une spécialiste de l’univers de Lovecraft et je ne peux donc pas juger de la fidélité de la traduction ou des choix effectués par David Camus, mais j’ai passé un très bon moment alors que le texte original est réputé pour être difficile et volontairement suranné.

Ces retrouvailles avec le maître de l’horreur fantastique se sont très bien passées. Ce recueil me semble adapté pour commencer Lovecraft avec un avant-goût de ses monstruosités sans pour autant être totalement terrifiant. La plume du traducteur a fait des merveilles pour moi et m’a motivée à redécouvrir cet auteur!

Informations pratiques:
Recueil publié par Mnémos en 2010, 296 pages (21€).
Existe en poche (7.10€)
Textes originaux écrits en 1918 et 1932.
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7 réflexions au sujet de “Les Contrées du rêve, H.P Lovecraft”

  1. Contente que cette incursion dans un genre qui te fait sortir de ta zone de confort t’ait plu 🙂
    Je ne pense pas craquer ayant participé à une campagne Ulule de la maison d’édition pour un coffret prestige de l’auteur, mais ta chronique donne envie de se lancer dans cette exploration des rêves…

    Aimé par 1 personne

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