Chronique

Royaume Désuni, James Lovegrove

Résumé:

Après une série de décisions politiques catastrophiques, le Royaume-Uni est mis au ban de la communauté internationale. Ostracisé, bombardé au hasard, le pays n’est plus que ruines. Sans infrastructures, de minuscules communautés survivent tant bien que mal en s’accrochant aux traditions ancestrales et aux mythes qui structurent leur identité. Ainsi, dans la petite bourgade de Downbourne, le maire se fait-il appeler l’Homme vert – tel le plus ancien et le plus puissant des archétypes anglais. Pas assez puissant, toutefois, pour empêcher un gang venu de Londres de faire une razzia dans sa ville pour enlever des femmes.
L’une d’entre elle est l’épouse de l’instituteur Fen Morris. Bien que leur mariage soit un désastre, Fen se sent obligé d’accomplir ce qu’il considère comme son devoir, et entreprend de traverser cette Angleterre à la fois terrifiante et magique pour la récupérer. Mais la jeune femme souhaite-t-elle réellement être secourue ?

Comment ce livre est-il arrivé entre mes mains?

Je l’ai acquis lors d’un OP Bragelonne en 2018.

Mon avis:

L’Angleterre s’est effondrée depuis le « Pari malchanceux ». Bien qu’on ignore en quoi il a consisté, il a poussé la communauté internationale à isoler le pays et le bombarder régulièrement accélérant la chute dans le chaos. Cependant, la vie dans le village de Dowbourne continue avec son commerce de troc, son maire qui se prend pour une légende et son instituteur, Fen, qui éduque tant bien que mal les enfants du village. Ce dernier est malheureux car son mariage est fini, mais il refuse de l’admettre en public. Lorsque sa femme Moira, dépressive, est enlevée avec plusieurs autres femmes lors d’un rapt d’un gang londonien, les Bulldogs, il décide de se rendre dans la capitale pour la sauver.

Le récit suit deux perspectives: Fen, dans sa quête qui semble vouée à l’échec et Moira, qui tente de survivre en tant que favorite du chef de gang, tout en essayant de sauver les autres femmes, coincées dans le bordel privé du camp.

Fen est un protagoniste antipathique, trop sur de lui et d’une naïveté qui frise la stupidité. Il se lance quand même seul et sans arme à la poursuite d’un gang surarmé pour les affronter sur leur territoire. Au fil de ses aventures, il ne va pas vraiment évoluer, sauf à comprendre que son mariage est bien fini et que les choses ne redeviendront pas comme avant. Il est même près à abandonner Moira pour son propre confort, car il ne l’aime plus. Moira m’a plus plu. Elle va devoir se remettre de sa dépression très rapidement pour survivre et tenter de sauver les autres captives. La vie auprès des Bulldogs n’est pas de tout repos, même si elle a la « chance » de ne pas se faire violer. Il y a des conflits de pouvoirs qui pourraient remettre en cause sa place auprès du chef. Sa perspective était beaucoup plus intéressante à suivre.

Les péripéties m’ont beaucoup ennuyées. L’auteur essaie de passer des messages, mais on a toujours l’impression qu’il ne va pas au bout de sa pensée. Il y a quelques remarques féministes, sans aller plus loin et quelques débuts de réflexions sur la solitude, la politique, l’amour, la survie, les limites de chacun ou encore la dynamique des groupes, mais cela manque de profondeur. J’ai vraiment trouvé qu’on restait en surface et c’est très frustrant.

Cela se retrouve également dans la construction de l’univers. On découvre peu à peu la nouvelle organisation du monde, des villages ou de Londres, mais sans jamais savoir comment l’Angleterre en est arrivée là. Les personnages parlent régulièrement du « Pari malchanceux » sans jamais donner un début d’explication. Que l’auteur y fasse référence en permanence mais ne nous donne pas les raisons de l’effondrement est finalement très agaçant: cela s’est produit il y a moins de vingt ans, les gens n’ont donc pas pu oublier ou créer de légendes.

Pour conclure, l’histoire est très moyenne, les personnages peu attachants et l’intrigue manque de profondeur. Je ne suis pas grande amatrice de post-apo et ce n’est pas ce roman qui me réconciliera avec le genre. Cependant, je ne pense pas qu’il soit non plus fait pour les connaisseurs au vue des facilités scénaristiques et de l’absence de réflexion pertinente sur l’humanité. C’est terrible, mais j’ai fini ma lecture en me disant « bof » et je pense que cela résumé parfaitement mon avis (pourquoi écrire tout ça alors? parce que j’adore dire en 700 mots ce que j’aurais pu dire en un seul 😀 ).

Informations pratiques:
Publié en France en avril 2010 par J'ai Lu SF, 594 pages (9.40€)
Existe en Broché (Bragelonne, 10€) et livre numérique (5.99€)
Titre original: Untied Kingdom

 

8 réflexions au sujet de “Royaume Désuni, James Lovegrove”

  1. Okay, je passe carrément mon tour. xD J’adore le post apo, mais si tu dit qu’il y a des facilités, un manque de profondeur dans l’intrigue, des réflexions absentes (alors que généralement, c’est le but) et des personnages bof/peu attachants, je ne me lancerai pas… u_u

    Aimé par 1 personne

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