Chronique

Le meilleur des mondes, Aldous Huxley

Résumé:

Défi, réquisitoire, utopie, ce livre mondialement célèbre, chef-d’oeuvre de la littérature d’anticipation, a fait d’Aldous Huxley l’un des témoins les plus lucides de notre temps.
Aujourd’hui, devait écrire l’auteur près de vingt ans après la parution de son livre, il semble pratiquement possible que cette horreur s’abatte sur nous dans le délai d’un siècle. Du moins, si nous nous abstenons d’ici là de nous faire sauter en miettes… Nous n’avons le choix qu’entre deux solutions : ou bien un certain nombre de totalitarismes nationaux, militarisés, ayant comme racine la terreur de la bombe atomique, et comme conséquence la destruction de la civilisation (ou, si la guerre est limitée, la perpétuation du militarisme) ; ou bien un seul totalitarisme supranational, suscité par le chaos social résultant du progrès technologique.

Comment ce livre est-il arrivé entre mes mains?

J’essaie de lire régulièrement des dystopies classiques car j’aime beaucoup le genre. Ce roman fait partie des incontournables du sujets.

Mon avis:

Dans ce monde « parfait », tous les êtres humains sortent de leur incubateur dans un but précis (on ne naît plus, c’est barbare). Leur intelligence et indépendance d’esprit sont préparées pendant la croissance de l’embryon en injectant diverses substances (comme de l’alcool) pour la retarder ou l’améliorer . Ainsi, les Alphas sont beaux et intelligents quand les Gammas et Epsilons sont stupides et laids, mais très efficaces dans les travaux manuels peu qualifiés. Chacun est programmé depuis l’enfance pour être satisfait de sa place dans la société et profiter de chaque moment, travail ou plaisir. C’est bien le meilleur des mondes!

Il m’est toujours difficile de faire une chronique sur un tel classique, surtout si je n’ai pas totalement adhéré. Je me sens toute petite face à l’impact qu’il a eu à l’époque de sa sortie et la place qu’il a dans la littérature dystopique.  Je vais tout de même vous exprimer mon ressenti en essayant de faire abstraction de tout ça.

Le monde dystopique dans lequel nous sommes plongé a une morale stricte « inversée »: la sexualité est juste un plaisir, une distraction sans grande conséquences car il n’y a plus de maladies et les femmes, pour celles qui ne sont pas stérilisées, ont un grand nombre de techniques de contraception. Cela semble bien plus libre que le puritanisme religieux, sauf que finalement le jugement est tout aussi dur si on ne suit pas les règles. Si on se contente trop longtemps d’un seul ou une seule partenaire, on est perçu comme déviant  et un problème pour la société.

Le principal but de la vie de chacun est le bonheur. En plus de la propagande perpétuelle, tout le monde est drogué afin de chasser toutes pensées négatives. Le peuple est infantilisé à l’extrême et tout est tourné sur le « bonheur » offert par l’Etat: panem et circenses poussé plus loin que tout ce que j’ai lu jusque là.

Un nombre limité de personnes capables de prendre des décisions indépendamment (Alphas) est « fabriqué » pour que la société continue à avancer mais surtout pas trop pour éviter les changements drastiques. Ceux qui ne sont pas dans la norme malgré le conditionnement et la drogue sont écartés de la société, d’abord ostracisés puis par des moyens plus radicaux.

Un des personnages principaux, Bernard, fait partie de cette catégorie Alpha et son amour pour une Bêta, Lenina, va l’entrainer dans une succession de problèmes. Il va l’emmener visiter une réserve de « sauvages », d’humains non formatés qui vivent dans des lieux sans intérêt pour la société. Ils ont été laissés à l’état « sauvage », ont encore une religion et font des enfants, ce qui est bien sur répugnant pour les hommes civilisés.

Les différents protagonistes, dont un sauvage (John) et le leader de la société du meilleur des mondes, sont tous prisonniers d’une manière ou d’une autre. Leur seul choix se trouve entre le monde civilisé, les sauvages ou le bannissement. L’auteur utilise ce monde « parfait » pour évoquer de nombreux sujets tels que la morale, la religion, l’ethnocentrisme, le communisme, le travail à la chaine,….

Je sais qu’il y a d’excellente idées dans ce roman et des références à foison, mais je n’ai pas vraiment apprécié ma lecture, beaucoup trop lente. Il est parsemé de citations de Shakespeare surement très intéressantes, mais il est difficile  d’en saisir l’intérêt quand on n’a pas grandi dans un pays anglophones ou qu’on ne l’a pas étudié. Je comprends le choc et l’impact qu’a eu ce livre, mais je trouve qu’il n’a pas très bien vieilli: un rythme assez lent et un futurisme qui est aujourd’hui dépassé malgré des idées qui restent d’actualité.

Informations pratiques:
Publié en France par Plon en 1932.
Existe n poche (4.95€), Broché (19€), livre numérique (6.99€) et en 
livre audio (18.80€)
Titre original: Brave new world

17 réflexions au sujet de “Le meilleur des mondes, Aldous Huxley”

  1. Lu il y a quelques années, je l’avais bien apprécié, mais ta chronique et d’autres pointent des éléments qui ne m’avaient pas marquée à l’époque ou, du moins, je n’en garde pas le souvenir… Dommage qu’il ait mal vieilli et bravo pour ta chronique, donner son avis sur un classique n’est pas forcément un exercice facile.

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  2. La SF est un genre qui ne m’attire pas du tout, mais j’ai lu ce livre à un âge où je n’assumais pas encore de n’avoir pas lu Le livre que tout mon entourage avait lu 🙂 quel ennui !… Certes il s’est inscrit dans la culture comme tu le dis très justement, mais même inscrit dans la culture, JAMAIS un livre ne fera l’unanimité.

    Aimé par 1 personne

    1. C’est sur, un livre ne peut jamais plaire à tout le monde, même si on en reconnaît les qualités 🙂
      J’aime beaucoup les dystopies classiques, mais celle ci n’était pas pour moi, dommage!
      Et je suis d’accord avec toi, même si « tout le monde » a lu un livre, il ne faut jamais se forcer à essayer quelque chose que l’on n’aime pas juste pour être comme les autres 🙂

      Aimé par 1 personne

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