Chronique

Le vaisseau magique, Les aventuriers de la mer 1, Robin Hobb

Résumé:

Dans ce premier volume d’une nouvelle série, Les Aventuriers de la mer, Robin Hobb se penche sur l’histoire d’une famille de grands propriétaires terriens, désormais ruinés, dont la seule richesse ne réside plus que dans un magnifique navire construit en bois-sorcier, La Vivacia.
Mais son capitaine va mourir, ne laissant que deux filles. L’une est mariée et mère de famille, l’autre, Althéa, véritable garçon manqué, a grandi sur le bateau et a toujours vécu parmi les matelots, le visage fouette par les embruns de ses longues courses en mer et de ses innombrables voyages. Follement attachée au vaisseau, elle entretient avec lui une complicité étroite, persuadée qu’elle sera bientôt son unique maître. Pourtant, c’est à son gendre que le vieux capitaine, à toute extrémité, lègue le navire…Erreur funeste ? Désespérée, mais passionnément résolue, Althéa jure alors de le reconquérir coûte que coûte.

Comment ce livre est-il arrivé entre mes mains?

Il traîne dans ma PAL secondaire depuis des années et le HMSFFF challenge m’a enfin poussée à l’en sortir.

Mon avis:

Je me suis plongée dans ce livre avec autant d’enthousiasme que d’appréhension. L’assassin royal est ma série de fantasy préférée et j’ai beaucoup d’admiration pour Robin Hobb. Pourtant je n’ai lu que les 13 tomes constituant les deux premières séries de cet univers bien plus étendu aujourd’hui. Pourquoi? J’ai tenté il y a quelques années de lire Le soldat chamane, une saga dans un univers différent et je l’ai détesté, vraiment. J’ai donc repoussé la lecture du reste de son oeuvre de peur d’être encore déçue.

Bref après vous avoir raconté ma vie, je vais peut-être vous parler de ce premier tome des Aventuriers de la mer. Nous y suivons Althéa Vestrit, fille cadette du capitaine Ephron Vestrit. Depuis toute petite, sa vie se passe en mer sur le vaisseau en bois-sorcier de son père: une vivanef nommé Vivacia qui n’est pas encore éveillée. Lors du décès de son père, la vivanef s’éveillera et Althéa s’attends à hériter de la place de son père qui lui a toujours fait confiance. Cependant, à la dernière minute, elle est spolié au profit de son beau-frère, Kyle. La jeune femme désespérée va se jurer de récupérer ce qui lui est du.

J’ai beaucoup aimé Althéa qui est entière, passionnée, un peu immature mais compétente. Elle méritait la place de capitaine, mais son genre la condamne selon sa mère et son beau-frère à un rôle subalterne. Bien qu’elle ne prenne pas toujours les bonnes décisions, sa révolte la rend vraiment intéressante à suivre. Même si elle a tout perdu, elle n’abandonne pas et va tenter de trouver une solution. J’ai remarqué que globalement les héros de Robin Hobb ont des relations très compliqués avec leurs parents: abandon, absence, négligence, intransigeance ou mépris. 

Kyle est un personnage profondément insupportable dans un genre beaucoup trop réaliste: homme égocentrique, paternaliste et arrogant. Il veut imposer son autorité à la famille Vestrit et est près à tout pour atteindre son but, persuadé de son bon droit d’homme, de mari et de père. Sa femme, Keffria, sœur aînée d’Althéa, est très amoureuse et se laisse manipuler. On sent qu’elle sait qu’il ne faut pas trop le contredire et que la violence pourrait facilement surgir, mais elle préfère se voiler la face jusqu’à ce que cela lui saute à la figure. C’est parfois trop dur de voir les personnes que l’on aime comme elles sont et non comme on aimerait qu’elles soient, en particulier dans les relations abusives. Enfin, Ronica Vestrit, la mère des deux jeunes femmes, est intéressante car elle veut vraiment le bien de ses filles et de l’entreprise de Marchand de son époux. Pourtant, elle va prendre de mauvaises décisions qui entraîneront la famille sur une pente terrible. Le portrait de cette famille est intéressant et en nuance. Tous sont au début persuadé d’être dans le vrai et on sent que les choses vont évoluer, sans savoir si la tendance pourra être inversée.

En parallèle, on suit un pirate aux ambitions démesurées: Kennit. Il veux devenir Rois des pirates ce qui est en totale contradiction avec la vie des flibustiers: dangereuse, violente mais surtout libre de toute allégeance. J’ai beaucoup moins aimé les parties qui racontaient son histoire et je ne l’apprécie pas particulièrement. Il aura surement un rôle important dans la suite, mais je sens que ce n’est pas la partie de la narration qui m’emballera le plus.

Le concept du bois-sorcier et des vivanefs est génial. Ces vaisseaux ont vraiment une âme et doivent être traité avec une considération particulière. Dans cette introduction, on fait à peine connaissance avec Vivacia et un autre vivanef Parangon, mais ce sont d’ores et déjà mes personnages préférés. J’ai hâte de découvrir la façon dont ils vont être développés dans la suite, même si cela s’annonce sombre.

La politique de Terriville tourne autour des Marchands, familles possédant les fameuses vivanefs. Ce sont les seuls bateaux qui peuvent sans danger remonter le fleuve, même jusqu’au désert des Pluies et sa magie. Leur influence pourtant commence à diminuer et les esclavagistes, jusque là méprisés, gagnent du terrain. De plus, les pirates des îles sont une réelle menace. J’ai beaucoup aimé découvrir cette région située au Sud des Six Duchés de FitzChevalerie (L’assassin Royal) et je trouve que les différentes dynamiques de pouvoirs sont vraiment bien construites.

J’ai beaucoup parlé de la galerie de personnages (et encore, je n’ai même pas abordé les serpents des mers) car je les trouve vivants. En plus d’un univers fascinant que j’aime déjà, Robin Hobb a su créer des protagonistes bourrés de défauts et agaçants, mais qu’on adore suivre. Ils sont réalistes car ils ont des motivations et une profondeur que j’aime retrouver dans mes lectures. 

Tout ça pour dire que j’ai vraiment beaucoup aimé ce premier tome et que je vais rapidement finir la première intégrale. Retrouver la plume de Robin Hobb et l’univers étendu de ma saga fantasy préférée fut un immense plaisir. Je vous recommande totalement de lire ce livre et j’espère continuer à apprécier autant la saga au fil des tomes.

Coup de coeur

Informations pratiques:
Publié en 2001 par Pygmalion en France.
Comporte soit 9 tomes soit 3 intégrales.
Existe en livre numérique, en poche et en livre audio.
Titre original: Ship of Magic, The Liveship Traders

 

11 réflexions au sujet de “Le vaisseau magique, Les aventuriers de la mer 1, Robin Hobb”

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