Chronique

Les élémentaires, Nadia Coste

Résumé:

Cassandra, jeune mage du feu, souffre depuis sa naissance d’un dérèglement hormonal qui lui rend la vie très compliquée : dès qu’elle ressent une émotion trop intense, le feu jaillit de sa peau en consumant ses cheveux, ses vêtements et tout ce qu’elle touche ! Quand elle entend parler d’une cure miracle, la jeune fille veut donc s’y rendre à tout prix. Elle va faire un voyage surprenant et périlleux à l’autre bout du royaume, dans un baquet d’eau, escortée par deux chevaliers absolument débutants, au cours duquel elle devra affronter les horribles singes-serpents et d’affreux brigands !

Comment ce livre est-il arrivé entre mes mains?

J’ai acheté ce livre lors d’un OP Bragelonne.

Mon avis:

Les Élémentaires nous fait découvrir Cassandra, jeune femme, fils de noble et mage du feu qui a un gros problème: son dérèglement hormonal lui fait cracher le feu par tous les pores dès qu’elle ressent une émotion trop forte. Les échos d’une cure miracle la font entreprendre un voyage dans des conditions rocambolesque afin de pouvoir enfin vivre une vie normale. Le chemin va se révéler plus compliqué que prévu malgré les gardes du corps engagés pour la protéger et la compagnie de son oncle Boniface et de sa cousine Kiana.

L’univers de ce livre m’a bien plu. J’aime de toute façon la magie élémentaire comme système magique et il est bien réussi ici. Chaque spécialité donne accès à différents corps de métier avec bien sur une répartition selon la puissance et la caste sociale. Cela m’a d’ailleurs beaucoup rappelé le dessin animé Avatar le dernier maître de l’air avec les magies qui correspondent à des animaux sauvages à l’origine.

La galerie des personnages me pose par contre un peu plus problème. Bien qu’il n’y ait pas de problème particulier dans la construction de leur caractère, ils sont beaucoup trop transparents. Leur motivations affichées ou cachées sont évidentes dès les premières lignes et les rebondissements en perdent donc beaucoup en surprise. Cela apporte un coté manichéen que je n’aime pas vraiment. De plus je trouve que les réactions des personnages sont vraiment bizarre et passe à coté du message qui semblait arriver.

Un exemple simple: Grégoire et Christian, les gardes du corps de Cassandra et mages de l’eau sont respectivement mentor et élève. Le premier essaie d’inculquer des principes moraux stricts au deuxième, mais les piétine allègrement dès le milieu de l’aventure. Plutôt que de montrer que des principes absolus sont plus une barrière qu’un avantage et qu’il est important de s’adapter à une situation, Grégoire s’empêtre dans des explications sur un passé tragique et des fait ce que je dis mais pas ce que je fais.

La plume de Nadia Coste est simple et efficace ce qui rend le récit très facile et rapide à lire. Elle donne en plus un rythme à son histoire qui ne donne pas le temps de s’ennuyer même si la surprise n’est pas souvent au rendez-vous. Il y a de nombreux points positifs dans le récit concernant le rôle des femmes, leur sexualité et leur puberté.

J’ai été agréablement surprise de voir le sujet des règles abordé dans un roman de fantasy. C’est un élément important du système de magie et le fait que l’autrice parle du rapport compliqué des jeunes femmes aux règles est vraiment positif. Les douleurs parfois terribles tout comme l’impatience mêlée de peur face à l’arrivée de premières menstruations n’est pas minimisée, même si au vu de son rôle quant aux pouvoirs des jeunes femmes, cela rend cet élément au final un peu trop important à mes yeux.

Le récit aborde aussi le désir, la sexualité en le différenciant bien de l’amour. C’est une désacralisation que je trouve importante. On y parle également de protection ce qui est aussi très bien dans de la littérature jeunesse. Il y a pourtant un « mais » sur ce sujet. Sans diminuer les points positifs, il y a malgré tout une sacralisation de la « première fois » à cause des conséquences drastiques qu’elle vont avoir sur le personnage concerné. C’est un peu paradoxal comme pour le point précédent.

Enfin, les derniers chapitres apportent un conclusion qui après des scènes d’action intenses, m’a semblé peu cohérente. Encore une fois les réactions des personnages m’ont paru étranges et en décalage total avec leur caractère. Cette fin m’a laissée complètement perplexe.

Cette lecture jeunesse fut donc rapide et fluide avec de bonnes idées mais une exécution qui manque de surprise et parfois de cohérence. Je n’ai pas été vraiment convaincue par les personnages et leurs personnalités manichéennes alors que l’univers me plaisait bien, dommage!

Informations pratiques:
Publié par Castelmore en mars 2017, 381 pages (16.90€).
Livre one shot.
Existe en livre numérique (9.99€)

3 réflexions au sujet de “Les élémentaires, Nadia Coste”

  1. L’univers des éléments me plaisait aussi. C’était digne d’avatar.
    Mais en largement moins bien ! Je te rejoins sur la transparence des personnages. C’est vrai que c’est dommage ! Je n’ai malheureusement pas accroché, mais je suis ravie que tu aies un peu plus adhéré que moi.

    Aimé par 1 personne

  2. Dommage pour les personnages, leur transparence et leur manque de cohérence…
    En revanche, l’autrice semble avoir fait un bon travail sur certaines thématiques notamment relatives à la sexualité et aux règles (du rarissime pour ce dernier point) bien que la sacralisation de la première fois semble quand même dérangeante.
    Une lecture a fortiori en demi-teinte qui continue néanmoins à me tenter surtout maintenant que je suis consciente de ses faiblesses…

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