Chronique

Iron Cast, Destiny Soria

Résumé:

It’s Boston, 1919, and the Cast Iron club is packed. On stage, hemopaths those afflicted with the ability to create illusions through art captivate their audience. Corinne and Ada have been best friends ever since infamous gangster Johnny Dervish recruited them into his circle. By night they perform for Johnny s crowds, and by day they con Boston s elite. When a job goes wrong and Ada is imprisoned, she realises how precarious their position is. After she escapes, two of the Cast Iron s hires are shot and Johnny disappears. With the law closing in, Corinne and Ada are forced to hunt for answers, even as betrayal faces them at every turn. An ideal next read for fans of Libba Bray’s The Diviners.

Comment ce livre est-il arrivé entre mes mains?

Hailey l’a recommandé sur sa chaine aux amateurs de The Diviners (que j’adore) donc je l’ai pris sur Audible.

Mon avis:

Cette histoire se déroule à Boston en 1919, juste avant la mise en place de la prohibition. Dans cet univers proche du notre, ceux qu’on appelait sorcier sjusque là sont maintenant désigné comme hémopathes. Les médecins théorisent que c’est une affliction du sang qui donne ces pouvoirs particuliers et les personnes souffrant de ce « mal » sont maintenant internés dans des asiles pour les « soigner ». Il leur est difficile de se cacher car l’hémopathie les rend très vulnérable au fer. Le récit va suivre deux jeunes femmes, Ada et Corinne, toutes deux hémopathes. La première peut inspirer n’importe quelle émotion à ceux qui l’écoutent grâce à sa musique (chant et violon sont sa spécialité) et la seconde peut vous faire voire absolument ce qu’elle veut grâce à ses mots, notamment en déclamant de la poésie ou de la littérature. Elles sont réfugiées depuis la révélation de leur pouvoir dans un club construit sans fer, l’Iron Cast sous la protection de Johnny Dervish. C’est le patron du club et le chef d’un gang pour qui elles réalisent des arnaques afin de gagner leur vie en plus des spectacles au club. Le jour où il disparait, leur vie est chamboulée, mais elles vont tout faire pour trouver les responsables.

Le système magique lié à l’art est original est m’a vraiment beaucoup plu tout comme l’ambiance particulière de ces Etats-Unis du début du XXème siècle: la prohibition est toute proche, les gangs sont déjà tout puissant dans les rues, le communisme et la peur de la « contagion » de la révolution soviétique s’installe aux USA…

Nos deux héroïnes sont très différentes et partagent une amitié très forte. Ada est métisse avec une mère mozambicaine et un père portugais, hélas en prison. Sa famille fait partie de la classe ouvrière et le couple interracial de ses parents est montré du doigt dans une société profondément raciste. En plus de lutter au quotidien contre la haine raciale, elle doit aussi faire face à l’hostilité croissante du pays pour les hémopathes. Corinne est quant à elle l’héritière blonde et arrogante d’une des plus riches familles de Boston affichant son hostilité aux hémopathes. Elle était dans une école pour jeune fille de bonne famille quand son don s’est déclaré et a pu mettre en place un stratagème pour se protéger en se réfugiant ailleurs grâce à Johnny.

La galerie de personnage est bien construite même si on apprend surtout à connaître Ada et Corinne. Elles ont chacune une histoire romantique dans le récit mais très différente. Ada est déjà en couple, mais se pose des questions et a peur de s’engager. Corinne va rencontrer un jeune homme qui lui résiste et ne se laisse pas dérouter par sa personnalité quelque peu écrasante par moment. Ces histoires m’ont plutôt plu, ce qui est assez énorme pour moi vu mes goûts, avant tout car la vraie histoire d’amour est celle entre Ada et Corinne dont l’amitié indéfectible est plus proche d’une relation entre des sœurs fusionnelles.

J’ai apprécié l’évolution des héroïnes par elle même tout comme de leur entourage que ce soit Corinne et sa relation avec sa famille ou Ada et sa mère. Les amitiés et inimitiés sont également bien construites. J’aime beaucoup Saint (le troisième hémopathe de leur groupe), Madie ou James qui même s’ils sont des personnages secondaires ont un rôle très important dans l’aventure des deux jeunes femmes.

La description de l’asile de Haversham est vraiment terrible. Les hémopathes qui se font arrêter y sont envoyés directement sans aucun espoir de sortie. Ils sont « traités » et certains sont amenés au sous-sol sans que l’on sache vraiment pourquoi… Ada est la seule à avoir réussi son évasion et reste marquée par cette expérience. Au delà ce cet univers de fiction, cela évoque la psychiatrisation à outrance des personnes racisées, des immigrés et des personnes pauvres aux Etats-Unis (et ailleurs) dans ces périodes. Il y a eu au XIXème siècle et au début du XXème siècle, en particulier après la première guerre mondiale une montée de l’eugénisme aux USA (puis en Europe) qui a conduit à des stérilisations forcée, des lobotomies, des expériences pseudo-scientifiques ou encore à des séparations parents/enfants tragiques. La réalité et la fiction se croisent, bien sur intentionnellement, dans ce récit ce qui amplifie la réaction émotionnelle face à ces horreurs.

Certains rebondissements et révélations dans l’enquête d’Ada et Corinne sont un peu prévisibles mais cela ne gâche pas vraiment le plaisir. L’action, notamment dans les derniers chapitres, est prenante tout en apportant une résolution satisfaisante à une situation qui paraît inextricable. Comme c’est un one-shot, je vous avoue que par moment, je ne me suis vraiment demandé si l’autrice allait réussir à se sortir de la situation qu’elle avait créé pour ses personnages et si ce serait ou non une happy end…. (ahaha non je ne dirais pas si c’est le cas ou non)

Ce fut une bonne lecture avec un univers sympa et des personnages attachants ( et divers). Il ne fait en plus pas partie d’une série ce qui ne me plaît pas énormément habituellement, mais ne m’a pas dérangé ici. Je n’ai pas eu de coup de cœur, mais je recommande cette lecture fantastique avec un système de magie vraiment chouette. En plus, la couverture est vraiment très belle donc, n’hésitez pas à tenter si vous lisez en anglais!

Livre audio:

La narratrice, Christine Marshall, est très agréable à écouter et j’adore sa façon d’incarner chacun des personnages.

Informations pratiques:
Publié en octobre 2016, éditions Harry N. Abrams, 384 pages (25.21€€)
Livre one-shot
Existe en livre numérique (9.70€) et en livre audio (19.76€)
Non traduit en français.

6 réflexions au sujet de “Iron Cast, Destiny Soria”

  1. Le roman a l’air passionnant par les thématiques qu’il aborde et qui ne manquent pas d’indigner… J’aime aussi beaucoup l’idée des pouvoirs des deux héroïnes ainsi que leur indéfectible amitié ! Le contexte historique pré-prohibition m’intéresse aussi pas mal.

    Aimé par 2 personnes

      1. Bonjour 🙂 Je suis traductrice littéraire et je suis tombée sur ce livre, qui me semble intéressant. Ne désespérez pas, j’ai bien envie d’en proposer la traduction à des maisons d’édition.

        Aimé par 1 personne

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