Chronique

A Deadly Education, Naomi Novik

Résumé:

Lesson One of the Scholomance

Learning has never been this deadly

A Deadly Education is set at Scholomance, a school for the magically gifted where failure means certain death (for real) — until one girl, El, begins to unlock its many secrets. There are no teachers, no holidays, and no friendships, save strategic ones. Survival is more important than any letter grade, for the school won’t allow its students to leave until they graduate… or die! The rules are deceptively simple: Don’t walk the halls alone. And beware of the monsters who lurk everywhere. El is uniquely prepared for the school’s dangers. She may be without allies, but she possesses a dark power strong enough to level mountains and wipe out millions. It would be easy enough for El to defeat the monsters that prowl the school. The problem? Her powerful dark magic might also kill all the other students.

Comment ce livre est-il arrivé entre mes mains?

Audible me l’a recommandé et le résumé m’a donné envie immédiaterment.

Mon avis:

Pour vous expliquer les choses simplement, je viens de lire 3 fois de suite ce roman (2 fois en audio et une fois en numérique) et j’ai du me retenir pour ne pas le recommencer une quatrième fois. Ce comportement est du en partie au contexte qui fait que je me rassure dans les univers de fiction, mais il y a également quelque chose dans cette histoire qui m’a interpellée.

Le récit se déroule dans l’école de magie, la Scholomance. C’est un lieu particulier situé dans le vide magique avec un seul lien avec l’extérieur: le « Graduation Hall », c’est à dire l’endroit que doivent traverser les élèves de dernières années lors de leur dernier jour, sortie unique de l’école. Il n’y a pas de professeur et aucun adulte, les élèves sont invoqués par un sort particulier à la rentrée après leur 14 ans. Ils y passent 4 ans avant d’obtenir leur diplôme… Enfin s’ils survivent jusque là, puis réussissent à traverser le fameux hall emplit de maleficaria, monstres de toutes sortes qui rêvent de se nourrir de leur magie et d’eux au passage. Bref une promenade de santé.

Cet univers et l’ambiance créée par l’autrice m’ont immédiatement séduite. L’école n’est pas sure car elle laisse passer certains maleficarias et a besoin de magie pour continuer à fonctionner. Cette magie, les élèves la payent en travaillant dur et créant ainsi du mana, mais la mort d’une partie de la population des élèves remplit également ce rôle…

Notre personnage principal, Galadriel ou plus simplement El a grandi avec sa mère dans une communauté hippie. Sa mère étant pure bonté et chaleur, le sort lui a joué le mauvais tour d’être son opposé. Chacun a affinité avec un type de magie particulière: sa mère est une guérisseuse surdouée, El a une affinité avec la magie de destruction et de chaos. Les gens autour d’elle ne l’aime pas, instinctivement, certains par racisme (avoué ou non), d’autres sans qu’elle comprenne vraiment pourquoi. Evidemment, elle a développé une carapace solide, un caractère tranché et un plan précis pour survivre à l’école afin de s’éloigner de ces gens. Elle est colérique, méfiante, fière, parfois méchante, parfois de mauvaise foi, travailleuse acharnée, loyale et elle refuse totalement de céder à sa soi-disant nature destructrice. Cela fait d’elle une héroïne pas toujours facile à aimer, avec un vrai sale caractère, même si au fond, on comprend chacun de ses choix et de ses erreurs.

Son « partenaire », Orion Lake est son opposé total. Il est le héros de l’école, « l’élu », qui a sauvé la vie de la moitié de sa classe et des autres. Quand il sauve la vie de El pour la 3ème fois, elle l’envoie paître vertement ce qui va totalement le surprendre et le pousser à s’intéresser à elle (au début il croit qu’elle est une « maleficer » c’est à dire qu’elle pompe le mana des gens ce qui leur fait du mal bien sur). Ne vous inquiétez pas, pas d’histoire d’amour mièvre, mais une amitié détonante et un twist intéressant sur le schéma narratif du « chevalier blanc » sauveur et héros de l’histoire.

J’ai aimé tout les personnages et les dynamiques de pouvoirs présentes dans l’école. Tous ne sont pas égaux et les enfants venant d’enclaves (lieux magiques où des magiciens peuvent vivre en paix et relativement protégés) se comportent majoritairement comme les maîtres des lieux. Orion en fait d’ailleurs partie, même s’il est à part et que sa naïveté face aux enjeux est flagrante. Il pense que tout le monde a la même chance de survie au sein de l’école mais se confronter à El, qui n’est pas dans une enclave et qui n’est pas prête à lui mentir pour lui faire plaisir va le confronter à certaines réalités désagréables. La critique des privilèges de classe est vraiment bien faite et ne fait pas de compromis, comme l’héroïne (anti-héroine?) de l’histoire.

La narration est pourtant particulière et je ne le recommande pas à tous: c’est El qui raconte et elle nous donne beaucoup d’informations à travers le fil des ses pensées sarcastiques et acérées. Il n’y a pas beaucoup de dialogues ce qui donne un style à part que certains pourraient trouver lourd: plus dans l’explication directe que dans l’action qui explique. J’ai adoré, mais je vous conseillerais de tenter un chapitre ou deux avant de vous décider à l’acheter (en audio ou en numérique c’est facile à faire).

Il y a malgré tout un problème qu’il faut soulever: l’autrice parle à un moment de monstres qui s’accrochent dans les cheveux et en gros finissent par vous aspirez le cerveau en rentrant dans votre crâne. Pour illustrer son propos, elle cite les dreadlocks qui ne sont pas une bonne idée pour survivre en expliquant que la plupart des élèves se coupe les cheveux assez court dès qu’ils le peuvent. Cet exemple est mauvais, car, et je cite les personnes concernées, il y a déjà une stigmatisation forte sur les chevelures noires et des clichés dégradant sur les coiffures des personnes noires. Cela renforce ces stéréotypes racistes. L’autrice s’est d’ailleurs excusée et va retirer ce passage des versions numériques, audio et des prochaines réimpressions physiques également. Elle aurait ajouté ce paragraphe après être passée par les sensivity readers ( il ne faut pas faire ça).

J’ai donc vraiment adoré ce livre et son univers qui m’ont apporté du réconfort pendant une période d’anxiété difficile. Je vous recommande cette histoire si vous aimez les personnages sarcastiques et que l’exposition ne vous fait pas peur. Attendez la nouvelle version du texte pour éviter ce paragraphe nul et je croise les doigts pour que la traduction française, si elle arrive, prenne en compte cette modification.

Informations pratiques:
Publié en septembre 2020, éditions Del Rey, 336 pages (19.84€)
Premier tome d'une trilogie.
Existe en Broché (10.49€, livre numérique (12.99€) et en livre audio (25.45€)
Non traduit en français pour le moment.

3 réflexions au sujet de “A Deadly Education, Naomi Novik”

  1. Je te savais enthousiaste par rapport à ce roman, mais je comprends mieux pourquoi maintenant !
    Galadriel a l’air d’être le genre d’héroïne complexe et nuancée qu’on rêve de rencontrer dans les romans et la critique de classe semble amenée avec pertinence et sans lourdeur. J’aime aussi beaucoup ce que tu dis du duo, a fortiori si on ne tombe pas dans la facilité avec une romance.
    Pour le moment, j’ai un peu mis en pause les livres audio, mais c’est définitivement un ouvrage que j’aurais envie d’écouter/de lire.

    Aimé par 1 personne

    1. L’univers et les personnages m’ont totalement emballée 🙂
      Pour la relation du duo, c’est compliqué et il y a des incompréhensions due aux difficultés sociales de chacun des 2. El est un porc-épic et Orion n’a jamais été proche de personne à cause de son aura de « héros ». Bref, je ne vais rien rajouter car je vais spoil, mais bref vraiment un livre fait pour moi 😀

      Aimé par 1 personne

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